Faire confiance à nouveau grâce à la réparation de limites
Aujourd’hui j’ai envie de t’expliquer ce que j’entends pas réparation de limites et limites semi perméables.
Et pour ça je vais te raconter une histoire.
Pour éviter que ce soit un élément déclencheur, on va parler non pas de sexualité ou de relation, mais de natation.
Ceci dit, possible que ça vienne chercher des choses en toi tout de même, ainsi je t’invite à lire cet e-mail quand tu es bien posé.e et ressourcé.e.
Entre en scène : Sandra.
Sandra a 5 ans quand régulièrement elle va à la plage avec sa famille.
Pour l’instant, elle a toujours pateaugé sur la plage, dans les petites vagues, et se sentait en sécurité.
Et puis un jour son grand-père lui a dit : « on y va, je vais t’apprendre à nager ! »
Super, Sandra est toute excitée !
Papi l’emmène loin, loin, là où elle n’a pas pied et soudainement…. la lâche dans l’eau !
Sandra se débat, elle ne s’y attendait pas. Alors elle ne sait pas quoi faire, elle tape des bras, elle boit la tasse.
Ça a l’air de durer tellement longtemps, alors que ça n’a peut-être duré que 10 secondes.
Papi reprend Sandra en rigolant : « c’est comme ça qu’on apprend, en se débrouillant toute seule ! »
Sandra est fâchée. Quand Papi la ramène sur la plage, elle court vers ses parents et leur dit qu’elle ne veut plus apprendre à nager.
La maman de Sandra jette un regard noir à son père : « je t’avais dit de ne pas lui faire ça ! »
Sandra rentre à la maison. Et les prochaines fois qu’elle va à la plage, elle refuse d’apprendre à nager.
Plus tard, sa mère l’inscrit à la piscine avec les maitres-nageurs. On commence tout petit, maman n’est pas loin et surveille.
Tant qu’il y’a la bouée, tout va bien, elle sait qu’elle pourra s’accrocher.
Mais du moment qu’il faut apprendre à nager sans bouée, c’est non, non, non.
Alors Sandra continue d’apprendre – Sa maman insiste pour des raisons de sécurité, et finalement elle arrive à nager, mais seulement quand elle a pied.
Quand Sandra a 15 ans, elle va à une piscine party avec ses amie-s. Elle n’a pas prévu de se baigner, ça chahute trop dans l’eau.
Elle met un short, un tee-shirt, ses lunettes de soleil, signifiant que même si elle veut bien tremper les pieds dans l’eau, elle n’a pas prévu de se baigner.
Mais là, sa pote Adèle lui fait une blague et la pousse dans l’eau !
Elle ne s’y attendait pas, elle n’a même pas pu se préparer. Elle se débat, boit la tasse, et en plus devant ses copains, elle se sent humiliée.
Comme elle sait nager bien qu’avec peu de confiance, elle rejoint le bord et s’en va.
Elle rentre chez elle.
Elle était nulle cette fête.
Et maintenant Sandra a 30 ans, et elle est partie en voyage solo au Mexique, elle adore voyager !
Un soir, elle participe à une soirée tranquille sur la plage, et tout le monde décide de prendre un bain de minuit.
Déjà, Sandra est pudique, hors de question d’aller nue dans l’eau. Et en plus, elle n’a aucune idée de la profondeur dans la noirceur.
Mais quand même, les autres insistent un peu.
Peut-être qu’elle en fait trop, elle est adulte maintenant.
Alors elle se déshabille, enlève le haut et garde le bas (phew) et rentre dans l’eau. Et alors que les autres discutent et se détendent autour d’elle, elle sent la boule de panique monter.
Elle tient assez longtemps pour faire bonne figure, puis sort de l’eau et file à sa chambre d’hôtel.
Sandra en a marre de son rapport à l’eau. Elle aimerait que ce soit différent. Mais tant de fois dans sa vie elle a fait confiance à des personnes qui l’ont poussée contre son gré.
Tellement que parfois elle se pousse elle-même.
Sandra a connu des dépassements de limites.
Dans ces trois instances, son consentement n’a pas été respecté.
Par son grand-père, sa meilleure pote, des gens en qui elle avait confiance, et au final par elle, pour ne pas perdre la face.
Et pourtant, comme lui a enseigné sa mère, nager fait partie des expériences de la vie, et il est important de savoir nager en sécurité.
Des limites dépassées à répétition vont créer deux grands types de réaction :
- une hyper-réaction, c’est à dire des limites très rigides. Sandra ne veut plus jamais aller dans l’eau. Ça devient quelque chose de repoussant pour elle.
- une hypo-réaction, c’est à dire des limites très lâches, poreuses. Parce que ça demande trop d’énergie, que ça coûte de dire non, alors elle va dans l’eau, mais à contre-coeur.
Et souvent, elle oscille entre les deux. Quand elle a dit “non” trop de fois à la suite, elle se force un peu à dire “oui”, puis regrette car c’est désagréable et recommence à dire ‘non’.
Sandra, du coup, bénéficierait du fait de réparer ses limites. Ça lui permettrait :
- de pouvoir dire ‘oui’ en confiance quand c’est vraiment ‘oui’ pour elle et profiter de chouettes expériences
- de pouvoir dire ‘non’ quand elle ne le sent pas et ne pas se sentir forcée
- de doucement être à l’aise avec l’eau, sachant qu’elle peut dire non et stop en écoutant son corps.
Tu vois, quand des limites ont été dépassées à répétition, on perd confiance.
On perd confiance en les autres, car souvent ce sont eux qui ont dépassé nos limites.
On perd confiance en soi, car on a du mal à discerner quand c’est ‘oui’ ou ‘non’, et on oscille entre les extrêmes.
On perd confiance en la Vie, car on a l’impression qu’elle nous met tout le temps dans des situations difficiles à naviguer pour nous.
La réparation de limites, c’est une partie importante du travail que je fais avec mes clientes.
Et c’est un travail de confiance en soi et dans les sensations de son corps, pour pouvoir dire “non” avec confiance, et pouvoir dire “oui” quand ça peut vraiment nous faire du bien.
Nos limites deviennent alors « semi-perméables ».
Par exemple, dans le cas du bain de minuit, Sandra est un peu plus consciente de ses limites. Rien ne l’empêchait de s’assoir au niveau des petites vagues en bikini avec les autres.
Ça aurait pu être ça son niveau de “oui”. Et le lendemain elle pourrait vérifier la profondeur de l’eau en journée, voir jusqu’où elle a pied, et s’il y avait un autre bain de minuit de prévu, elle saurait exactement où elle pourrait aller.
En réparant ses limites, on étend son champ de confiance, à un rythme confortable.
Plutôt que de le garder tout serré et hyper protégé, ou trop large et trop exposé.
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Je suis Lyvia Cairo
Écrivain, coach en relations et en sexualité, spécialisée en soin des traumas.
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