La peur d’être exposée

C’est super étrange pour moi d’admettre ça.

Mais le changement commence par l’admission de la vérité.

Alors je te le dis.

J’ai peur d’être exposée.

J’ai peur d’être trop regardée, analysée, jugée.

J’ai peur que ça me décentre et m’empêche de faire ce que j’ai à faire et d’être ce que j’ai à être.

Par exemple, j’écris ici, je publie des épisodes de podcasts, mais tout ça est protégé.

Ma présence sur les réseaux sociaux, par exemple, a fortement diminué du moment que j’ai commencé à parler de sexualité.

Je pourrais parler de sujets annexes bien sûr, mais ce n’est pas vraiment ma mission.

J’ai peur. 

Et voici comment se déroule ma pensée pour dépasser cette peur.

1/ De quoi j’ai peur: 

J’ai peur des remarques, mais pas des remarques en elles-mêmes. J’ai peur de l’impact des remarques sur mon petit cœur fragile 😅

D’entendre que je ne fais pas assez bien, ou pas assez. 

J’ai peur d’être heurtée, et de me retirer, et de prendre du temps, beaucoup de temps, à me recentrer, comme ça a pu m’arriver par le passé.

Et après réflexion, j’ai peur d’être influencée par les propos / remarques que je pourrais recevoir, et que ça m’éloigne de mon authenticité.

L’une de mes plus grandes peurs c’est de m’éloigner de qui je suis. 

Et donc ce n’est pas tant le regard des autres, que la conséquence du regard des autres sur mon comportement, qui me fait peur. 

Ça fait sens ?

Je suis très habituée, depuis maintenant quelques années, à produire et créer sans regarder ni à gauche, ni à droite. Droit devant, j’avance. 

Et être plus exposée, ce serait comme être dans un grand champ vide où je suis susceptible d’être bousculée par le vent.

Ça demande d’être solide, et ancrée. 

Faire ce qu’il faut pour ne pas être déstabilisé.e.

Je sais que ça ira. Même si ça reste inconfortable. 

2/ Sauf que:

La résilience, et la nonchalance par rapport à ça, se développe avec l’exposition en elle-même (ah, paradoxe). 

C’est un peu comme quand on soigne les traumas.

On ne peut pas soigner un trauma sans se confronter à l’intensité. On s’y confronte à très petites doses. On ne replonge pas dans les ténèbres du passé. 

Mais on s’approche, avec précaution, de ce qui nous a récemment déclenché. On le navigue, et on le soigne. On surfe la vague. 

Doucement, lentement, mais sûrement. 

Jusqu’à ce que ce qui nous déclenchait avant, ne nous déclenche plus. 

Et c’est ce que je dois faire avec mon exposition. 

Je prévois d’écrire un livre dans les prochains mois.

L’idée est approuvée par mon éditrice. Je dois écrire le brief pour qu’il soit soumis et qu’une date de publication soit décidée.

Ce livre, je veux qu’il ait de l’impact. Je veux qu’il change des dizaines de milliers de vies. Il compte pour moi.

Et mon exposition, ma visibilité, vont être très importantes pour contribuer à son impact.

Alors je vais devoir danser avec la peur d’être heurtée, déstabilisée. D’être potentiellement vulnérable. 

Et ça m’emmène à mon dernier point :

3/ Pour qui je le fais ?

C’est un conseil que je donne souvent aux personnes qui se lancent dans le chemin de s’exprimer publiquement. 

Ne jamais oublier, ne jamais perdre de vue pour qui on le fait.

Et se rappeler qu’il y a des personnes qui, non seulement n’attendent qu’une chose – ce qu’on a à partager.

Mais qui aussi sont de notre côté. Elles nous encouragent, nous comprennent, nous aiment. Elles ont de la compassion pour nous.

Elles voient nos incohérences et nos erreurs comme l’expression de notre humanité.

Et fondamentalement, elles ont de la reconnaissance pour notre présence.

Comme nous avons de la reconnaissance pour la leur. 

Elles nous soutiennent, dans le sens littéral du terme.

Si le vent souffle et que je tangue sur mes racines, je sais qu’elles seront là, pour m’aider à rester bien accrochée.

Et c’est à ces personnes que j’ai choisi de parler.

J’ai écrit cette phrase il y’a quelques jours : 

«Peur d’être influencé.e ? Et si ma présence influençait ?»

Et c’est ça – je l’ai écrit dans un email précédent, je fais attention à qui m’influence.

Mais ça m’emmène à réfléchir à l’influence que je veux avoir.

Dans certains cas, dans certaines sphères, pour l’instant c’est une non-influence.

Mais elle n’est pas neutre. 

Je brille par mon absence. 

La place que je ne prends pas est occupée, peut-être par des discours qui ne me correspondent pas, ou ne répondent pas aux besoins des personnes qui ont besoin de… moi. 

De mes mots, de mon regard.

Ce n’est pas arrogant de dire ça.

Nous avons tous.tes cette précieuse unicité.

Alors je choisis d’influencer. 

À ma manière, et avec mes valeurs qui, je l’espère, honoreront les personnes qui choisissent de m’écouter.

Et pour ça, je prends le risque d’être influencée à mon tour.

Et avec ce risque, j’enclenche le travail d’être encore plus ancrée, plus solide, plus centrée.

CQFD – on dirait qu’on a fait le tour. 

La boucle est-elle bouclée ?

Comment ça résonne pour toi ?

vague-tiret

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Je suis Lyvia Cairo

Écrivain, coach en relations et en sexualité, spécialisée en soin des traumas.
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