La lettre de Florian #1: Le jour où je me suis cassé

Florian srimangal bangladesh 2 | Je me casse

Je suis très heureuse d’accueillir Florian dans la famille ‘Je me casse’. Une fois par mois, il nous racontera ses aventures d’expatrié en Cote d’Ivoire et au Bangladesh. Je suis certaine que son expérience servira à nous tous qui souhaitons nous casser. Il s’agit d’une nouvelle chronique, donc n’hésitez pas à lui dire les thèmes que vous aimeriez voir abordés dans les commentaires. A toi Florian!

 

Pourquoi travailler pour un métier qui ne me plaît pas? Pourquoi étudier dans un cursus choisi par défaut? Pourquoi rester en France?

Autant de questions que je ne pense pas être le seul à me poser.

Je pense qu’on se dit tous à un moment donné que l’herbe est toujours plus verte ailleurs. Et bien c’est ce que j’ai voulu savoir il y a de cela deux ans maintenant.

Petit flashback en Juillet 2012: par contre on oublie le gazon et on se propulse vers les terres rouges de l’Afrique!

 

Diplômé de Master II Management de la Qualité et du Développement Durable… Non ça fait trop lettre de motivation ça. Bref après avoir achevé mes études en Septembre 2011, je suis devenu ce que l’on appelle un demandeur d’emploi.

En bon demandeur j’ai demandé, redemandé et on m’a souvent répondu que malgré mes évidentes qualités je n’étais pas assez qualifié. Après plusieurs mois de recherche et des tentatives de réorientation je me suis dit qu’après tout je pourrais peut-être valoriser mon CV à l’étranger.

Je pourrais ainsi mettre en pratique mon envie de voyager et ma volonté (pas trop non plus) de travailler. C’est donc comme ça que je me suis dit « je me casse ! ».

 cote divoire 2

Je tenais donc une idée et je ne souhaitais pas la lâcher. Je me suis mis à la recherche d’une offre d’emploi sur un continent qui m’a toujours fasciné: l’Afrique.

Pour trouver un job de jeune diplômé sur les terres africaines ou bien dans un autre coin du globe rien de mieux que le site Civiweb qui vous propose de nombreuses offres à l’étranger, le site du Pôle emploi international. J’en passe et des meilleurs…

 

Et c’est en parcourant les offres sur le net qu’un jour de Mai, je tombe sur une annonce pour un poste en Côte d’Ivoire! Abidjan ou Yamoussoukro? La lagune ou la ville des crocodiles sacrés d’Houphouët Boigny?

Eh bien que nenni ce fut la petite commune d’Adzopé à une heure au Nord d’Abidjan, en brousse comme on dit là-bas.

Le poste était alléchant et me proposait de travailler sur la mise en place d’une certification socio-environnementale dans le secteur forestier. Je me suis donc dit Banco (les ivoiriens relèveront sûrement le jeu de mot)!

Malgré les appréhensions de la famille et les grandes théories sur les dangers de l’Afrique je n’ai pas hésité et ai débarqué sur la terre des éléphants en Juillet 2012.

 

Je réalisais donc mon rêve d’allier travail et voyage en attendant que ma compagne me rejoigne. J’ai ainsi pris mes fonctions au sein d’une scierie locale gérée par une famille occidentale et je passais mon temps entre le bureau et la brousse en mode Koh Lanta sous une chaleur accablante, mais au milieu de magnifiques paysages.

Le contact avec les locaux était très enrichissant, les expressions ivoiriennes à mourir de rire, les routes d’une qualité irréprochable (4 heures pour faire 100 km), les véhicules agrémentés de petit slogans magiques (dieu est mon guide, patron, le pardon est bon), des chèvres sur le toit des bus, des militaires qui demandent de quoi se payer le café, la rencontre avec mon voisin belge…

 

Mais malgré tout ce folklore il y avait comme un hic, tout ça était trop beau pour être vrai.

 

Araignee bangladesh Florian | Je me casseAprès 6 mois de mission, le travail était devenu pénible car les objectifs de ma Direction n’étaient clairement plus les mêmes et je commençais sérieusement à m’ennuyer au boulot. Au final je me suis accroché un an et puis ma compagne et moi nous sommes dit « on se casse! ».

Après cette année ivoirienne rythmée par le son des tam-tams sous la voute étoilée, l’odeur du kédjénou dans les maquis et le goût du koutoukou sous l’arbre à palabres je me suis mis à la recherche de nouveaux horizons professionnels plus sérieux cette fois, mais toujours en gardant en tête cet esprit de voyage.

Je venais de passer une année sur le continent africain et j’avais envie de découvrir l’Asie.

 

Une fois de plus en passant par internet j’ai décroché un poste pour le Bangladesh cette fois, où je travaille désormais pour une grande boîte française depuis bientôt quatre mois.

Ici la vie est compliquée, Dhaka la capitale infernale et ses 15 millions d’habitants, est un mélange de bruit, de pollution et de poussière. Cependant il existe des quartiers très sympas, calmes et entourés de verdure.

En dehors de la ville, le Bangladesh est un pays magnifique et injustement méconnu. D’Est en Ouest, vous trouverez successivement la plus longue plage et la plus grande mangrove du monde. Le sport local est le cricket, la monnaie est le Taka et la langue est le bangla, même si l’anglais est très répandu.

 

Ici le contact avec les locaux n’est pas le même qu’avec les ivoiriens. Les gens sont beaucoup plus réservés mais une fois la discussion entamée ils vous offrent toute leur générosité. La grande question nationale consiste à se renseigner sur votre provenance géographique.

En effet il n’est pas rare, voire même quotidien, que le bangladeshi croisant un bideshi (étranger) l’aborde en lui demandant « your country ? ». Une question que j’aime bien, à laquelle je réponds « I am from France, and you ? ».

Ce qui les fait sourire et qui permet de créer du lien par l’humour, c’est toujours plus sympa!

 

Florian velo bangladesh | Je me cassePour en revenir un peu au boulot quand même, l’économie locale est majoritairement basée sur le textile. Les usines du pays sont innombrables et font du Bangladesh le deuxième exportateur mondial après la Chine. Ma mission professionnelle est d’ailleurs liée à ce secteur car je suis en charge de gérer la conformité sociale, environnementale et sécuritaire de nos fournisseurs.

Pour l’instant je vis une très belle expérience ici, très dure sur le plan professionnel, mais qui je l’espère pourra être bénéfique pour la suite de ma carrière avant d’aller voir ailleurs.

 

En tout cas si j’avais un conseil à donner aux gens qui hésitent entre se casser ou travailler, faites les deux! Et je rajouterais même faites-le dans un pays improbable, c’est tellement mieux.

Cela vous permet d’avoir une autre vision du monde, un esprit plus ouvert et pour ceux que ça intéresse, booster votre carrière!

 

En parlant d’ouverture, je profite de ce dernier paragraphe pour vous annoncer que je serai un chroniqueur régulier de « Je me casse! », à mon grand bonheur.

J’adhère complètement à ce concept et j’en profite d’ailleurs pour remercier Lyv pour cette belle opportunité.

J’espère que vous avez apprécié mon article et n’hésiterez pas à me poser des questions, à me soumettre vos suggestions pour ce post ou bien pour ceux à venir.

A ce propos avant de vous casser, dites-moi un peu de quoi souhaitez-vous parler dans le prochain numéro, quel sujet souhaiteriez-vous aborder?

À très bientôt!

Florian

F
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