Vivre de sa passion? Ryadh le fait!

Ryadh Musique | Je me casse

Je vous présente Ryadh. Chanteur, compositeur, pianiste, guitariste. Invitée à l’un de ses concerts, j’ai été emballée par ses textes très ‘je me casse’, ses chansons marrantes et sa voix forte ! Un talent à partager et à encourager ! 

Aujourd’hui, il nous raconte comment il fait de sa passion un métier. Si tu as des écouteurs à portée de mains, je te conseille de les mettre, et d’écouter les morceaux que je t’ai mis dans l’article 🙂 Laisse parler ton corps!!

 

Ryadh, à quoi ressemble ta vie aujourd’hui?

Depuis septembre dernier, je travaille à temps plein sur ma musique, sur mes textes, la composition. Je fais des concerts et j’enregistre mes morceaux. Du coup je suis assez occupé !

Pour remplir le frigo, je donne des cours de piano et je joue dans quelques groupes. Certains pour des soirées privées, d’autres pour des projets d’artistes dont l’ambiance est plutôt bonne. Pour l’instant c’est un équilibre qui marche assez bien.

 

Comment t’es venue cette passion pour la musique ?

J’ai commencé la musique à 11 ans, avec les cours de piano – aujourd’hui j’en ai 27. J’avais déjà essayé de jouer tout seul avant, et j’ai tout de suite adoré !

Une fois que j’étais lancé, j’ai été à fond et je n’ai pensé qu’à ça. Ça m’a hanté toute ma vie.

J’ai commencé avec le piano classique, puis je me suis mis à chanter. C’est le groupe Tryo qui m’a donné envie.

 

Quand as-tu décidé d’en faire un métier ?

J’ai eu mon Bac Scientifique à 16 ans, et après… j’ai pété un câble !

J’ai tenté les études supérieures, mais ça n’allait pas. J’ai commencé une première année dans trois facs différentes. Je tenais 2 mois puis je changeais complètement d’orientation.

Entre temps je me faisais plaisir avec la musique. C’est le moment où j’ai commencé des projets musicaux assez sérieux.

Les études, je les faisais surtout pour mes parents. J’essayais, ça ne collait pas. J’essayais encore. Puis j’ai décidé d’arrêter complètement. Et les études, et le conservatoire.

Je voulais être libre.

 

Mes parents ne l’ont pas mal pris. Ils pensaient déjà que je n’aurais pas eu le Bac, alors quand je l’ai eu ils étaient contents !

Ils savaient aussi que je n’étais pas quelqu’un qui ne ferait rien du tout. Dans tous les cas, je ferais de la musique. Alors ils ne m’ont pas mis trop de pression par rapport à cela. Sans qu’ils ne me l’aient dit, je savais qu’ils étaient satisfaits à un certain niveau.

Quand j’ai eu 17 ans, j’ai commencé à faire un album avec un ami qui possédait un studio d’enregistrement chez lui, et deux ans plus tard l’album était sorti!

C’était rock, rien à voir avec ce que je fais maintenant !

 

Cette vie là était un peu décalée. On sortait tout le temps. On faisait de la musique jusqu’à pas d’heure, on se donnait vraiment à fond. Mais à la fois c’était un peu angoissant.

A 18 ans, quand tu veux te lancer dans la musique, tu pars avec rien, tu n’as pas de repère, tu dois te débrouiller seul.

Avec la fin de l’adolescence j’avais aussi tous les problèmes qui sont remontés. On est assez émotif, vulnérable à cette période.

Du coup, après cette phase un peu folle, je suis entré en dépression.
Pendant deux ou trois ans j’étais sous médicaments, et durant une période de six mois, je ne suis pas sorti de chez moi.

De 18 à 20 ans, les choses étaient assez difficiles.

 

Comment t’es tu sorti de cette phase de dépression ?

Un jour, j’ai rencontré un guitariste dans la rue. Il m’a proposé de chanter avec lui. Comme je n’avais aucun projet concret en cours, j’ai dit oui.

Cela faisait du bien d’être dehors, de voir des gens.

Mais surtout, d’exposer ma créativité. J’avais besoin de ça, de m’exprimer. Je ne savais pas trop ce que j’étais censé faire.

Mais le fait de montrer ce que je fais, montrer mon univers, ‘crier qui je suis’, ça m’a sauvé.

A partir de cette période, je ne voyais que la musique. Et pour être honnête, je vivais un peu comme un SDF! Je squattais chez des amis, je fuyais la réalité.

 

Et puis j’ai rencontré ma copine.

Jusque là je vivais un peu comme un dandy, avec zéro stress et des sous par ci, par là.

Or on devait prendre un appartement, et pour la première fois, j’ai dû faire face à la réalité.

Alors j’ai fait des dizaines de boulots différents. J’ai été poissonnier, j’ai vérifié des bagages à la Gare de Lyon. J’ai fait serveur, j’ai joué dans des bars en guitare-voix. Parfois je revendais des instruments pour payer le loyer.

Entre mes 20-25 ans j’ai accompagné des groupes en concert, mais je gérais très mal les contrats, et je me retrouvais avec pas grand chose. Avec le recul, je sais que j’aurais pu négocier différemment et gagner davantage.

Je donnais des cours de piano aussi, et pour la première fois je me sentais en position de faiblesse. Je ne pouvais pas juste arrêter lorsque ça ne me plaisait plus. C’était vraiment la galère !

Puis à 26 ans j’ai donné des cours dans une école de musique. J’y suis resté un an, jusqu’à juin 2014. Ça a été ma plus longue période de travail. Au bout de 6 mois, je n’en pouvais plus, mais je suis resté.

Aujourd’hui, je suis beaucoup plus serein.

 

A partir de quand as-tu commencé à travailler sur ton projet actuel ?

J’ai commencé la plupart des morceaux il y a 3 ou 4 ans. Mais pour certains, cela fait 8 ans.

J’ai toujours eu en tête de faire mes propres concerts. Pourtant jusque là, j’avais toujours fait des reprises, des piano-bar. Alors il y a quelques années, je me suis dit qu’il était temps de s’y mettre.

Quand j’ai débuté, avec mon ami, je chantais en anglais. Mais finalement j’ai pris le parti de ne chanter qu’en français.

Mon ami m’avait convaincu qu’en anglais, tout sonnait mieux, qu’on y arriverait mieux, que c’était plus moderne. Et j’ai toujours été mal à l’aise avec ça.

Les jeunes chanteurs français essaient souvent de s’adapter à des mélodies qui sonnent bien avec des voix anglophones.

Moi j’ai choisi d’adapter la mélodie à ma langue, et pas l’inverse.

Alors pour que ce soit musical, je laisse mon intuition parler. J’essaie de m’éloigner des clichés et d’être sincère dans ce que je fais. Mon artiste préféré est Oxmo Puccino.

 

Y a t’il un moment où tu as eu particulièrement peur de ne pas t’en sortir avec la musique?

Pendant ma phase de dépression, je me demandais ce que je faisais.

J’avais très peur.

J’avais très peur de devenir clochard… ou fou.

Je ne voyais pas d’issue, et en plus de mon rapport à la musique, je gérais beaucoup de difficultés personnelles, liées à mon identité même.

J’ai été longtemps tiraillé par mes origines. Un jeune d’origine algérienne qui a grandi dans une banlieue blanche et bien rangée d’Ile de France. Personne ne me comprenait. Je vivais comme un blanc, mais je ne l’étais pas.

Je vivais mal la pression extérieure à oublier mes origines. J’avais la sensation qu’on me forçait dans un moule qui n’était pas le mien. En me disant ‘tu n’es pas algérien, tu es français’.

Depuis tout jeune j’avais cette sensibilité particulière. Avec en plus mon histoire et mon questionnement sur mon identité, j’ai ressenti le besoin de m’exprimer.

Mais dans cette phase un peu noire, durant laquelle j’avais peur, j’étais convaincu d’une chose.

Que si je faisais autre chose que de la musique, je ne serais pas heureux.

 

Justement, dans tes chansons, tu exprimes à quel point il est important de sortir de la routine, et de vivre sa vie comme on l’entend…

Oui. Aujourd’hui, pour moi travailler pour un salaire n’a pas de sens.

J’ai décidé que si c’était pour gagner 2000 euros par mois, ça ne valait pas le coup.

A la rigueur, je place ma limite à 5000 par mois. Là je pourrais travailler un temps, économiser puis arrêter, et me consacrer à ma musique.

 

N’ayant jamais fait partie du monde du travail classique, comment t’es venue l’inspiration d’écrire sur ces sujets?

Tu n’as pas besoin de travailler pour voir ce qui se passe autour, ce qu’on demande aux personnes de faire. Tu sens ce que vivent tous ces gens au quotidien.

La semaine dernière, j’ai participé à un concert en entreprise. Pendant vingt minutes je n’ai entendu parler que de chiffres, et d’objectifs et de marques.

J’étais au bord de la crise d’angoisse. Je l’ai vécu assez violemment.

 

Du coup tu ne te serais pas vu bosser pour quelqu’un d’autre?

Non… A moins qu’il s’agisse de rendre un service.

Mais il faudrait que dans ce cadre de travail, on soit à égalité. ‘Tu as besoin de moi, j’ai besoin de toi.’

Bosser dans des petites entreprises, ça m’a l’air plus sain. Mais je ne le ferais pas non plus !

Peut-être que j’aurais pu bosser dans un domaine qui permet de réveiller la conscience collective, ayant rapport avec la nature. Pour promouvoir une consommation plus modérée, plus locale, plus proche du producteur.

Dans une chanson je dis ‘ils ont rien, mais en fait ils ont tout’, en parlant d’un petit village en Algérie. Peut-être que la solution, c’est de simplifier.

 

Tu te verrais engagé?

Sûrement, oui.

 

Ton concert était super en tout cas, ça a l’air de bien marcher !

Merci ! Depuis septembre j’ai lancé les hostilités. Mon projet s’est lancé. Je fais tout tout seul, mais je suis bien entouré.

J’écris mes textes, je compose en continu, j’organise des concerts, et surtout j’ai lancé une campagne de crowdfunding pour mon prochain clip.

Je vais aussi démarcher dans la rue. Pour mon dernier concert ça avait ramené du monde. Au final, je me tourne toujours vers la rue. Je m’y sens bien, proche des gens.

Mon objectif pour cette année, c’est de me faire connaître, et de créer en continu.

Depuis septembre les choses démarrent bien, et je considère que je n’ai eu que de la chance!

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui veut se lancer dans la musique?

De faire toujours ce dont on a envie. On trouve toujours des solutions. Si tu fais quelque chose, ça prend forcément de la valeur. Tu développes toujours quelque chose, tes compétences, tes connaissances. Cela ouvre la porte à plein de choses, de nombreuses possibilités.

Si tu aimes la musique, tu peux devenir D.J. – Si tu es musicien c’est super simple comme compétence, et tu es mieux payé qu’un musician ! Il te faut des contacts, mais tu peux commencer dans des petites soirées.

 

As-tu des regrets?

Non, aucun regret. Si les choses se sont passées ainsi, je les accepte.

Je suis prisonnier du fait de ne pas être entré dans la prison.

Alors je pense que je n’aurais pas pu faire autrement.

– La chanson je me casse par excellence !

« Se lever avant le soleil ça n’a pas de sens, si ce n’est faire souffrir les pauvres hommes que nous sommes »

 

Soutenez Ryadh et son projet de création. Il est à deux doigts de son objectif et on a besoin de lui pour faire passer le message de la révolution ! – Aller sur sa page de Crowdfunding.

Prochain concert le 18 mars à l’OPA ! C’est par ici
Retrouvez-le sur sa page Facebook et découvrez ses autres morceaux sur Soundcloud

Pssttt : Tu n’as pas de passion, mais tu veux te casser ? Viens à mon prochain webinaire gratuit pour trouver une idée qui te ressemble. C’est par ici

 

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