[Invité] Apprendre à parler de soi

Apprendre a parler de soi | Je me casse
 Aujourd’hui, j’ai le plaisir de laisser la plume à Laure Jouteau, du blog Les Aventurières. Dans cet article, Laure nous montre comment on peut créer sa propre identité, en apprenant tout simplement à parler de soi.

Combien auriez-vous envie de payer pour un jouet en plastique usagé ? Et pour une boule de neige vintage mais franchement laide ? Probablement pas grand chose. Certainement pas une centaine d’euros.

En 2009, des chercheurs ont voulu évaluer le pouvoir des mots et des histoires sur la valeur des objets. Ils ont demandé à des écrivains d’inventer l’histoire d’un petit objet sans valeur (1 dollar ou moins) pour accompagner sa vente aux enchères sur ebay. L’expérience s’appelle Significant Objects.

Que s’est-il passé ?

Ils ont vendu des objets qui valaient 128.74$ (en tout) pour 3,612.51$ au total. Les ventes ont rapporté 28 fois plus que la valeur réelle des objets.

Un objet a attiré mon attention en particulier : celui-ci.

L’objet mystère, proposé pour 99 cents à l’achat, a été vendu 103.5 dollars. D’après son histoire – fictive, il est la seule possession restante de Nobuhiko Hasegawa, le plus grand homme japonais, dont la maison est partie en fumée après son décès. Seul l’objet dans ce paquet a pu être sauvé des flammes.

La narration rend l’histoire addictive, et l’objet précieux. A tel point que je me fiche de savoir que ce n’est pas vrai. Je me fiche de savoir que c’est juste un paquet d’une valeur objective de 99 cents.

J’achète la magie, l’imagination, et le mystère derrière la boîte. Je me dis : c’est le seul objet restant de cet homme, le plus grand des japonais, et je ne saurai jamais ce que c’est. Et je suis (un peu) torturée parce que je ne saurai jamais ce qu’il y avait dedans.

Les histoires ont le pouvoir de changer la valeur des choses.

Elles transforment des breloques en trésors, elles créent un sens à ce que l’on fait. Elle tissent des liens entre les gens. Les cultures et les tribus ont pour fondations leurs histoires communes.

C’est la même chose pour les gens : la façon dont on se définit change la valeur et le sens de ce que l’on fait. C’est le cas quand on assume de dire ‘Je suis photographe’ au lieu de ‘Je suis informaticien mais je fais aussi des photos pour le plaisir.’, ou quand on accepte de penser ‘Je suis créative.’ au lieu de ‘J’aime bien créer mais je suis atrocement nulle’.

Et toi dans tout ça ?

Et si le problème, ce n’était pas toi, mais l’histoire que tu te racontes ? Aujourd’hui quand on te demande ce que tu fais, comment réponds-tu : ’Je suis architecte’ ‘Je suis comptable’ ‘Je suis ingénieure’ ‘Je suis responsable RH’. Ou peut-être que tu t’es déjà cassée et, comme Lyv, tu as la chance de pouvoir dire ‘Je suis écrivain, philosophe et blogueuse’ ou ‘Je suis danseuse, graphiste et coach’.

Assumer certains mots, ça peut faire peur. On se dit que les autres vont nous juger, qu’on n’a pas le droit de dire qu’on est photographe si on ne vit pas de ses photos, que c’est un mensonge blanc, que ça met la barre trop haut.

C’est pour ça qu’il est difficile de casser les cases nous-même.

A force de se définir toujours de la même façon, on bâtit nos propres cages à coup de fausses vérités :

« Je suis trop vieux », « C’est trop tard pour changer » « J’aimerais bien être écrivain, mais je me prends pour qui, je n’ai pas assez de talent »…

La raconteuse d’histoires

Si je te raconte tout ça , c’est parce que j’ai trouvé ma voie grâce à un mot. En 2013, j’ai commencé à travailler avec une coach, presque par hasard. Je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire, elle cherchait un cobaye pour son programme de reconversion. Et puis un jour, au milieu d’une séance, un mot s’est imposé : the storyteller, la raconteuse d’histoires. Je me suis sentie libérée.

Ce mot est devenu une direction, une mission et un début d’idée de métier.

 

L’ironie ?

Je n’aurais pas pu le trouver moi-même, sans ce regard extérieur. J’avais besoin que quelqu’un m’oblige à casser mes cases. Je n’étais pas écrivain à ce moment là, je n’étais pas encore blogueuse.

Mais ce mot était tellement fort, il m’a paru tellement évident et juste, que je suis devenue cette personne. Aujourd’hui quand on me demande ce que je fais, je réponds « J’écris », et c’est vrai.

Et si on me demande des détails j’explique que j’ai un blog, et que j’aide aussi les entrepreneurs passionnés à écrire un site qui leur ressemble et qui passionne leurs clients. Ce que je fais et qui je suis sont enfin en accord.

Un exercice

Je vais te proposer un exercice, pour commencer à casser les limites de ton histoire. Notre imagination est bien plus puissante qu’on ne le pense, et on n’a pas forcément besoin d’un coach pour commencer à sortir de nos cages. Tu peux le faire maintenant, en trois étapes :

1. Prends une photo de toi, sur Facebook ou ailleurs. Une photo que tu aimes bien.

2. Regarde cette photo et invente la vie de cette personne, sans te fixer de limites. Imagine-toi qu’elle a une vie excitante et géniale, et décris cette vie en quelques mots ou quelques lignes.

Par exemple, je peux prendre cette photo de moi ci-dessus, de nuit, avec ma robe à sequins brillants.

Je me dis : ‘Elle est réalisatrice de films d’animation. Elle parcourt souvent la ville la nuit parce que les lumières l’inspirent. Son monde est peuplé de créatures magiques et il n’est pas rare de croiser un gobelin ou un elfe dans son sillage. Vous êtes prévenus.’

3.Points Bonus : Poste ta photo sur le groupe Je me casse, avec le tag #significantpeople, pour que d’autres t’inventent une vie. Je serai là aussi à vous inventer des vies à tour de bras.

Après tout, les histoires, c’est mon boulot.

 

Merci à toi Laure ! Je file faire ma photo, héhé ! Comme toi, je crois au poids et à l’importance des mots, et juste en se nommant, se qualifiant différemment, on change et l’on devient la personne que l’on veut profondément être. C’est vous qui décidez. N’attendez pas que d’autres personnes vous qualifient d’artiste, d’entrepreneur, de voyageur. Décidez de l’être 🙂

F
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