C’est l’histoire d’une femme en rouge

VISUELS-DES-ARTICLES-5

Elle regarde sur son téléphone la petite figure avancer vers elle. Trois minutes.
Elle attend qu’il approche avant d’appuyer sur le bouton de l’ascenseur et de descendre. Il est encore temps de reculer. Il est encore temps de tout annuler. Si elle était malade, on lui pardonnerait non ? Malade… comme si elle l’avait jamais été.

Elle se regardait dans la vitre de l’ascenseur de son hôtel de luxe, l’hôtel oú elle était descendue pour l’occasion. Dans le reflet, elle se voit. Cette robe rouge bustier, avec une jupe faite de plumes. Un tutu de soirée. Un tutu qu’elle a envie d’arracher.

Ça y est. Il est là. Elle appuie sur le bouton et attend. L’ascenseur s’ébranle et les portes s’ouvrent.

Elle fait un pas en avant et se laisse emporter par le bruit de l’engin. Sortir de l’ascenseur. Monter dans le Uber. Arriver à la soirée. Y rester deux heures. Repartir. Tout irait bien.

Dans le hall de l’hôtel elle fait signe au majordome. Il lui fait un grand sourire et la salue.

Dehors, la voiture imposante, aux vitres teintées l’attend. Quand elle approche, ses talons claquant sur le trottoir, un homme descend et vient lui ouvrir la porte.

Il est grand, imposant, près de deux mètres peut-être. La casquette enfoncée sur la tête, elle voit à peine son visage. Elle lui dit un bonjour furtif. Elle l’a à peine vu, pour être honnête.

Elle attrape la main qu’il lui tend et se hisse sur le siège en cuir. Elle s’enfonce dedans. Prend une longue respiration, et attend que le chauffeur remonte à sa place.

– Elena ?
– Oui.
– On va au Royal Albert Hall ?
– C’est ça.

Elle le laisse démarrer l’engin et quitter l’entrée de l’hôtel. Ils en avaient pour 20 Minutes, à peine. Vingt dernières minutes.

Elle regarde par la fenêtre et soupire. Encore.
Les lumières de Londres passent devant ses yeux, et elle envie toutes ces personnes qui ne sont pas elles, et qui en ce samedi soir, font autre chose de leur journée.

Le chauffeur jette un œil dans le rétroviseur et voit son visage tourné vers l’extérieur. Fermé. Froid. Distant. Triste.

Il se focalise de nouveau sur la route. Il ne va rien dire. Ce n’est pas la place.

Il l’entend bouger contre le siège. Elle se racle la gorge. Elle soupire.

– vous êtes confortable à l’arrière
– Oui Oui, merci.
Il hoche la tête.
– Encore combien de temps ?
– Nous y serons dans quinze minutes.
– Oh.
– Vous êtes pressée ?
– Non… au contraire.
Il jette de nouveau un œil à cette femme mystérieuse, menue à l’arrière de la voiture. Si petite enveloppée des fauteuils en cuir sombres, et pourtant… si présente.

– vous allez voir une performance ?
– Non… c’est moi la performance.

Elle l’avait dit sans réfléchir. Sans y penser.
Toutes ces années, elle s’était rappelée…
La chance qu’elle avait,
La gratitude qu’elle devait montrer,
À quel point la vie l’avait gâtée.

Qui était elle pour penser à tout gâcher.

Les minutes passaient et elles ne voulaient pas les voir. Tous ces visages qui n’attendaient qu’elle. Qui étaient là pour l’acclamer, la féliciter.

Alors qu’au fond tout ce qu’elle voulait dire c’est…

Je n’ai plus envie de danser.

Elle avait été danseuse depuis qu’elle savait marcher.
À 28 ans aujourd’hui, elle était au pic de sa carrière. Ses prochaines performances étaient attendues. On la voulait, elle. À Paris, Londres, New York City, Tokyo.

Elle avait dansé, dansé, dansé. Par pur plaisir au début. Et puis, au fur et à mesure qu’elle avançait, elle devait être… irréprochable.

On n’attendait d’elle la perfection. Rien de moins. Et elle aimait. Elle aimait se pousser, se dépasser. Finalement parvenir à faire la figure qu’elle avait si longtemps travaillé.

On attendait d’elle, à chaque répétition, et chaque soir, qu’elle soit celle qu’elle avait toujours été : Elena W. danseuse étoile.

Elle avait réalisé le rêve qu’avaient des milliers de femmes. Et malgré cela…

– vous n’avez pas à y aller ?
– Excusez-moi ?
– Vous n’avez pas à y aller. Je peux vous emmener ailleurs si vous voulez.
– Oú ?
– N’importe oú, mais pas là bas.

Elle croise son regard dans le rétroviseur. Ses yeux sont noirs dans la pénombre qui habite la voiture.

– je ne peux pas. Je n’ai pas le choix. On m’attend…. on compte sur moi.
– Je suis persuadé que c’est le fait que l’on compte sur vous qui vous met dans cet état là. Cela n’a pas l’air de vous réussir. Et vous, sur qui comptez vous ?

Ils approchent, elle Le sent. Encore quelques minutes et ils y sont. Pour se distraire, elle regarde la nuque tendue de l’homme qui la conduit. Il a les yeux fixés sur la route et à un moment, quand il jette un œil au rétroviseur, son regard croise le sien. Elle veut détourner la tête mais à la place… sourit.

Sur qui peut-elle compter…

Toutes les personnes de son entourage, sa mère, son frère devenu sénateur, ses amies, son semblant de petit ami, Franck, tous seraient là pour l’applaudir.

Si jamais elle leur disait qu’elle n’en voulait plus… de cette vie… alors… ils lui en voudraient. Ils ne comprendraient peut être pas, mais c’est une vie toute tracée qui se déroberaient sous leurs pieds. Bien sûr, ils tacheraient d’être compréhensifs. Mais au fond, elle saurait… tu nous as laissé tomber…

– on y est dans 5 minutes…
– Okay…
– Qui êtes vous ? Vous avez dit que vous étiez la performance… qui êtes vous ?
– Je suis danseuse.
– De…
– Ballet, je danse le ballet.
– Elena ?
Elle fut surprise qu’il connaisse son nom.
– quand avez-vous dansé pour la dernière fois, par pur plaisir ?

Surprise de sa question, son réflexe fut de reculer dans son siège. Comment se permet-il? Et à la fois… elle se demande… quand ?

– Je ne me rappelle plus… j’ai tellement travaillé…
– quand avez-vous fait quelque chose pour vous, juste pour vous récemment ? Et je ne parle pas de prendre un bain ou de vous faire les ongles. Je parle d’un moment oú vous vous êtes choisie vous, avant les autres ?
– avant les autres ?
– Oui. Oú vous avez agit pour vous, meme si vous saviez que ça pouvait déranger… ou blesser.
– Je crois que…. jamais.

L’homme lui jette un regard dans le rétroviseur. Et subitement, Elena sent la voiture virer de bord, il a fait demi tour en plein dans la rue et accélère… dans la direction opposée.

– mais… que faites vous ???
– je vous sauve la vie !
– Mais… vous ne pouvez pas !
– Si, je peux… faites moi confiance.

Le coeur d’Elena bat fort. Elle a envie de dire fort, elle a envie de crier. Elle a peur. Elle se demande ce que cet homme va faire d’elle.

Et à la fois… elle est ravie. Elle est ravie. Elle sourit, car peu importe ce qui arrivera ce soir, elle pourra dire que… ce n’était pas sa faute…

Elle baisse la vitre et les cheveux au vent, elle laisse la voiture la porter.
Le chauffeur met la musique à fond, du jazz endiablé.

Elle ne sait pas oú on l’amène… mais elle veut y aller.

Bientôt, tu auras accès à la fin de l’histoire en rejoignant mon cercle secret… manifeste toi et je te te tiendrai au courant

Lyvia

F

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