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Le sang des règles

En ce moment, j’ai mes règles.

Je pratique le flux instinctif libre qui signifie que je vis mes règles sans protection. Quand je sens que le sang est sur le point de couler, ce qui arrive environ toutes les 2/3 heures, je vais aux toilettes et ça coule (note que ça ne coule pas la nuit).

Je me suis récemment acheté des culottes de règles, car j’ai remarqué que le premier jour j’avais un peu plus de mal à ‘sentir’, et je me suis dit que ça me soulagerait un peu. J’ai acheté ces culottes un bras d’ailleurs, sur un site américain + j’ai dû payer des droits de douane. Conseil, achetez vos culottes de règles en France.

Anyway. Aujourd’hui, comme j’avais rendez-vous avec ma tatoueuse, je me suis dit que (deuxième jour de règle et le plus abondant), qu’au cas où je ne pourrais pas aller aux toilettes au moins je me sentirais à l’aise. 

Tatouage fait, youhou, je sors, et je me dirige vers le métro, près duquel il y’a une série de cafés. Initialement je comptais rentrer en Uber mais finalement pourquoi pas le métro… sauf que j’avais faim, alors je me suis approchée d’une boulangerie avec une jolie terrasse, hésitant à m’installer.

Et là, je sens le sang de mes règles couler. Fort. Et je me dis : c’est pas grave, j’ai la culotte de règles. Euh non non. Ne voilà t’il pas que (!!!) le sang coule le long de ma cuisse jusqu’à ma chaussure. 

Devant le café, il y’a un panneau qui dit d’attendre d’être servi. 

Une serveuse passe par là et je lui demande : « est-ce que je peux utiliser vos toilettes, j’ai une urgence, j’ai mes règles » (et elles sont en train de couler jusqu’à terre et j’ai pas super envie de vous laisser une flaque de sang. Mais bon je lui ai pas dit tout ça). 

« J’ai une urgence. J’ai mes règles ».

Elle m’a regardé avec les yeux plein de re-connaissance, et m’a invité à entrer : bien sûr, allez-y !

Je me suis nettoyée. Finalement ce n’était pas si gore que ça. Ma jupe n’était pas tachée. J’ai mis 5 couches de serviettes en papier dans ma culotte au cas où puis je suis sortie des toilettes. J’ai acheté un croissant et un jus d’orange pressée, et j’ai flâné sur la place avant d’appeler un Uber.

Et ce texte a commencé à s’écrire dans ma tête.

Il y’a quelques années, je n’aurais jamais dit « j’ai mes règles » à une étrangère. Alors même qu’il est possible qu’elle vive la même chose.

Quand j’étais jeune, j’avais honte d’acheter des protections hygiéniques.

Et là, la scène oú le sang coulait sur ma jambe me rappelle une scène d’un film, vietnamien il me semble, oú une jeune fille habillée en garçon a ses règles pour la première fois. Et le sang coule sur toute la jambe de son pantalon.

Cette scène m’a marquée. 

Tout comme m’a marqué de lire L’enfant de Sable de Tahar Ben Jelloun, dans lequel la dernière fille de la famille est élevée comme un garçon car la famille n’en pouvait plus de n’avoir que des filles, et alors ses règles étaient cachées, on lui passait des bouts de tissu quand le sang coulait sans jamais lui expliquer ce que c’était.

Dans le film vietnamien, je me suis rappelée m’être dit : « est-ce que le sang coule vraiment comme ça ? Et je me rappelle avoir eu hyper peur que ça m’arrive un jour. Que « tout le monde sache que j’ai mes règles » et que ça coule par terre.

La honte.

La honte, la honte, la honte.

Je dirai qu’un bon tiers de la population a ses règles tous les mois. Ce n’est pas ce que l’on pourrait appeler quelque chose d’exceptionnel.

Et pourtant une telle honte est placée autour. D’où vient cette honte ? 

Qui la mise à l’intérieur de nous ?

Est-ce que ça fait féministe en colère si je dis… ‘le patriarcat’ ? HA. 

Tout un système de pensées est construit autour du fait que les règles c’est mal, et que les règles sont sales. Par extension, ce système de pensée peut nous faire croire qu’il y’a quelque chose de sale ou de mauvais en nous car on les a. Même si c’est très subtil. Alors, il faut les cacher. Alors, il ne faut surtout pas le dire. Alors, on va faire comme si de rien n’était.

Combien de fois ça m’est arrivé d’être avec un ex et de me sentir honteuse parce que j’ai mes règles, puis de lui annoncer tout fébrilement, limite en m’excusant Combien de fois j’ai gardé cette information pour moi, comme si elle était taboue ? 

On ne se rend probablement pas compte mais ressentir une charge négative autour d’une chose qui nous arrive tous les mois a un impact sur toute notre vie… 

J’avais écrit un article à l’époque, « j’aime mes règles »https://lyviacairo.com/2018/02/jaimemesregles/ et honnêtement avant je faisais comme si elles n’existaient pas.

C’est pourquoi dans les programmes que je crée, comme Femmes Riches et Puissantes, je ne fais pas comme si les différences de genre n’existaient pas. Je ne fais pas comme s’il n’y avait pas une réalité décalée entre ce que vivent les hommes hetero cis-genre dans notre société, et tous les autres. Je ne fais pas comme si on n’était pas dans un monde sexiste qui nous a renvoyé que les femmes (et transgenres et non binaires) étaient inférieurs aux hommes cis. (Cis genre = assigné homme à la naissance et qui s’y reconnaît).

J’aimerais que ces inégalités n’existent pas, mais les nier reviendrait à dire « je ne vois pas les couleurs ». Et vous savez mon opinion sur ça. 

Je pense qu’à un moment donné, on doit se positionner selon ce en quoi en croit. De façon publique, ou privée. 

Je suis devenue féministe assumée il y’a quelques années, quand j’en ai eu marre de la pression sociale que subissaient les femmes. Quelques jours après je suis devenue végétarienne parce que manger des animaux ne colle pas avec ma vibe, il y’avait un décalage. Et je suis activement anti-raciste depuis aussi des années, quand j’ai compris que le racisme que je subissais moi était cacahuète par rapport à ce que subissaient d’autres. Et que si je pouvais faire ma part, alors je la ferais.

Rien n’est anodin.

De nombreuses choses que nous prenons pour acquises et argent comptant ont été imposées, insinuées, infiltrées en nous par la société.

Peut-être qu’il existe un monde parallèle oú l’on peut trouver en se baladant des toilettes spéciales flux instinctif, (hyper propres et hyper stylées et qui sentent super bon la fleur des champs, parce que sinon bon voilà) afin que, lorsqu’on a nos règles on puisse laisser couler le sang en toute quiétude, ce sang servant ensuite à irriguer les plantes et leur donner du fertilisant. Qui sait ? Peut-être que s’il y’a 4000 ans le monde n’était pas devenu misogyne et la notion de propriété et de capital n’était pas devenue une priorité, ce serait le genre de technologie qu’on aurait aujourd’hui.

Je passe mon temps à observer le monde autour de moi. Qu’est-ce qui est vrai ? Et qu’est-ce qui est faux ? Qu’est-ce qui vient de mon essence ? Et qu’est-ce qui vient de ce que l’on essaie de m’imposer ? Le lavage de cerveau a été la norme pendant longtemps. Et nous avons le choix de ne pas nous laisser faire.

Souhaites-tu faire partie des Femmes Riches et Puissantes qui vont secouer le monde ? Rejoins-nous ici, le programme a été créé pour ça.

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