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A celle qui était allongée en boule sur le tapis

Elle avait choisi le tapis gris et blanc car il allait parfaitement avec tous les meubles de la pièce.
Son lit king size, les grandes fenêtres.
Dans son écrin, on dirait qu’elle vivait une vie de rêve.

Et pourtant, elle était allongée en boule sur le tapis.

Le lit était trop moelleux, elle s’y enfonçait.
Elle tournait en rond, elle s’assoupissait, et les rêves étaient, étrangement, souvent pires que la réalité.
Elle avait pleuré toutes les larmes de son corps : il n’en restaient plus.
Elle se sentait enroulée dans sa honte et sa culpabilité, et ne voyait pas d’issue.

Et elle voulait mourir.
Tout simplement, mourir.
Disparaître, ne plus être là, qu’on la laisse tranquille.

Elle avait joué, elle avait perdu.
Que lui restait-il à faire ?
Elle s’était plantée, elle s’était trompée, et elle n’avait, simplement pas, la force de continuer.

Elle se sentait conne de celle qu’elle était avant.
Avant tout ça. 
Elle se sentait bête de sa naïveté, et du si peu qu’elle connaissait.
Seule, lasse, fatiguée. Aucune autre direction ne l’attirait.

Roulée en boule sur ce tapis gris, personne ne viendrait la sauver. 

J’aimerais lui dire – et peut-être que, quelque part, je l’ai fait – 
J’aimerais lui dire que… ça va aller.
Il y aura un moment après ce moment, même si chaque pas est pénible, et semble demander un effort éreintant.

J’aimerais lui dire que… c’est vrai, elle sentirait cette tristesse dans son coeur encore longtemps, 
Que cette couche de mélancolie, elle l’aurait pour des années encore, bien certainement, 

Mais que ça ne l’empêcherait pas de vivre des bons moments, des moments de douceur, des moments de grâce, des moments de compréhension des infimes mystères de la vie.

J’aimerais lui dire que… aussi grosse que soit l’erreur, aussi grave que soit la conséquence, 
Cela ne la définissait pas, 
Car il y a en elle un petite graine, une part d’elle, qui vit tout simplement, l’expérience humaine.

Avec ce qu’elle a de tragique et de pénible, avec ce qu’elle a de beau et de magique.

Je lui dirais que c’est justement avec ce coeur cassé en deux, de son propre fait, d’ailleurs, qu’elle commençait à vivre, en fait. 

Qu’avant ça, c’était un peu pour de faux, on ne lui avait pas encore tout dévoilé, pas exactement, pas totalement.

Et que maintenant elle savait, ce que cela fait d’être profondément perdue et déprimée.
Une expérience de plus, qui elle aussi, allait passer.

Je lui dirais qu’une autre version d’elle même, celle de quand elle avait vingt ans, savait.
Que cette petite effrontée, légère et délurée, avait des réponses que l’âge adulte lui avait peu à peu enlevées.

Je lui dirais qu’elle est certes, cette personne, allongée sur le tapis, et qu’elle est cette personne de vingt ans aussi, et qu’elle est… toutes les autres personnes qu’elle allait devenir.

Le moment semblait figé dans le temps, et pourtant, ce n’était qu’un instant, qui allait passer, lui aussi, inévitablement. 

Je viendrais lui caresser les cheveux, et lui susurrer qu’elle n’est pas seule.

Que la honte, et la culpabilité qu’elle ressentait n’étaient que le revers de la médaille d’avoir toujours essayé… de toujours faire bien.

Je lui dirais qu’il y avait là, une invitation pour elle, à ne pas toujours tout maîtriser, à se tromper, à se heurter, à parfois blesser d’autres sur le passage, et que cette invitation, bien que peu orthodoxe, était celle qui allait la maintenir… en vie.

Et lui permettre d’exister, sachant que parfois, elle pouvait se planter.

J’essaierais au mieux de ne pas lui dire de phrases toutes faites, car elle lèverait les yeux au ciel – mais je lui dirais juste que la vie c’était ça aussi, et qu’il existe des portes, des avenues, des couloirs magiques, qui font que, de ces moments, on se relève aussi.

Je lui dirais qu’elle mériterait d’être aimée, malgré ce qu’elle pensait avoir fait.

Que peu à peu, elle autoriserait cet amour de l’extérieur, car elle ferait tout pour le mériter.

Et que le plus beau des remparts sera passé, quand elle apprendra à aimer, 

La part d’elle même qu’elle aura auparavant détestée.

Je lui dirais : 

« Aime-toi suffit. 
Et surtout, aime la part à laquelle tu en as voulu, de t’avoir emmenée ici, 
Roulée en boule, sur un tapis gris.
C’est de toi qu’elle a besoin aujourd’hui. »



Mon troisième livre sort bientôt (et non, ce n’est pas encore mon deuxième roman !) – en attendant découvre les précédents :

F

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