Elle me manque

Ça fait bizarre d’écrire sur elle alors que ça fait peut-être 7 ou 8 ans qu’on ne s’est pas parlé.
Je lui ai souhaité son anniversaire, plusieurs fois. Je lui ai écrit, essayé de l’appeler, mais elle ne répondait plus. J’avais senti qu’elle s’éloignait et finalement c’était pour de bon.
Ça fait bizarre d’écrire sur elle sachant qu’elle ne me lit pas. Et ça fait encore plus bizarre d’imaginer que peut-être qu’elle lira.


Ce week-end, j’ai pleuré en pensant à elle. Elle me manque. J’ai pleuré en me disant qu’elle ne connaîtrait jamais ce que je vis maintenant, ne sera pas la tata de mes enfants, et qu’elle était pourtant une si belle lumière dans ma vie.


Quand j’ai emménagé à Londres, à tout juste 23 ans, c’est la première personne que j’ai rencontré. C’est devenu comme ma grande sœur, on allait partout ensemble. Elle était blonde, toute fine et portait un sac Vuitton. C’était un cadeau qu’elle s’était fait. Elle était toujours habillée simplement et élégamment, et parlait avec douceur. Elle souriait tout le temps. Elle avait un grand cœur.
C’est devenu mon amie. Le genre d’amie dont on ne rêve plus à l’âge adulte. Le genre d’amie qu’on se fait sur les bancs de l’école, pas sur les bancs de la Tamise. Tellement c’était simple entre nous.
Et notre amitié s’est arrêtée à cause de moi (c’est souvent à cause de moi) car à ses yeux, j’ai changé.
Je me rappelle très bien du moment, comme si c’était hier. J’avais assisté à mon premier séminaire de développement personnel, sur un week-end. J’en suis sortie tellement euphorique, que pour elle c’était comme si j’étais passée par une secte (ses mots). Elle m’a dit que c’était un monde qu’elle n’aimait pas.

Mais la brisure ne s’est pas faite à ce moment-là.

J’ai quitté mon travail à Londres, j’ai lancé mon premier blog, et j’ai commencé à partager publiquement mes ressentis. Je me rappelle la dernière fois que je l’ai vue, c’était en 2014 je crois. J’étais comme à chaque fois joyeuse, et je l’ai sentie distante. Elle m’a dit : « je sais pas comment tu fais pour t’exposer comme ça ».


Ce week-end, en pleurant, je suis partie dans une spirale. Si j’avais continué ma vie comme avant, si je n’avais pas fait ce séminaire, si je n’étais pas devenue un personnage public, alors peut-être qu’elle serait encore dans ma vie.


Le deuil de ce qui aurait pu être.


C’est absurde je sais. Mais il y’a une version de ma vie, peut-être dans laquelle je suis tout aussi heureuse, où elle est encore mon amie.
Maintenant, je sais. Je sais que je n’aurais pas pu tenir notre amitié en faisant ce que je fais. Parler de sexualité en plus. Je manque totalement de pudeur, je le sais.
Je sais que notre amitié n’aurait pas pu cohabiter avec mon expression.
Mais parfois j’aimerais que ce soit autrement, tu vois ?
Car personne ne me faisait me sentir comme elle me faisait me sentir elle. C’était quelque chose d’unique parce que c’est une personne unique. Avec une couleur particulière.
Chaque amitié a la sienne, de couleur particulière.
Faire le deuil d’elle, c’est aussi faire le deuil de moi.


Et c’est aussi accueillir que je suis comme je suis.


C’est accepter que plusieurs fois dans ma vie, quand il a fallu choisir entre mes relations, et l’appel de mon âme, alors j’ai choisi l’appel.
Et à chaque fois que je choisis l’appel, et bien il y’a des conséquences.
Parfois j’aimerais que mon âme ne m’appelle pas autant, mais bon, elle a ses choses à accomplir aussi.
Elle me manque, mon amie. Elle me manque et c’est possible que je ne la revois plus jamais dans cette vie.


J’espère qu’elle va bien. J’espère qu’elle est heureuse.
Qu’elle a accompli ce dont on parlait. Qu’elle habite dans un endroit douillet. Qu’elle a des enfants, un mari. Que la vie est douce pour elle et qu’elle se sent en paix.
Perdre une amitié, ce n’est pas rien. Ça laisse des traces parfois plus profondes qu’une rupture romantique. Et parfois il faut prendre le temps de les pleurer.Je crois que je ne l’avais jamais fait.Douceur, douceur sur toi,


Lyvia


PS : Je suis assez d’accord avec Céline Dion quand elle dit qu’on ne change pas. Je ne pense pas avoir changé en 8 ans. Je pense être toujours la même. C’est juste que qui je suis à l’intérieur se voit plus à l’extérieur. Je suis toujours aussi loyale en amitié, toujours marrante, généreuse et à l’écoute. Sûrement un peu plus affirmée. Mais mon cœur est le même. J’ai évolué et grandi, et ça se joue par montrer encore plus qui je suis. Et qui je suis peut être ou accepté et encouragé. Ou on peut choisir d’y mettre de la distance. C’est ok.


PPS : la chanson de Céline Dion est vraiment canon

vague-tiret

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Je suis Lyvia Cairo

Écrivain, coach en relations et en sexualité, spécialisée en soin des traumas.
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