Elle l’a fait! Olivia a donné sa démission pour se consacrer à l’écriture

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Mon interview avec Olivia était fascinante. Cette longue conversation m’a non seulement inspirée, mais elle m’a beaucoup motivée. Elle m’a fait réaliser ce qui comptait le plus pour moi aujourd’hui. Olivia a fait preuve de beaucoup de courage en quittant son emploi pour prendre le temps d’explorer de nouvelles choses. Lisez son histoire plus bas…

Vous trouverez la version originale de l’article, en anglais, ici.

Olivia, tu as quitté ton emploi il y a quelques mois. Raconte-nous ton parcours.

Quitter mon travail m’a pris sept ans. J’ai travaillé dans la communication dès ma sortie de l’université et ça m’a toujours beaucoup plu.

Il y a sept ans, j’ai rompu avec mon fiancé de l’époque. Je pense que c’est à ce moment-là que j’ai fait le choix d’orienter ma vie dans une nouvelle direction. J’ai commencé à penser à ce que je voulais et j’ai décidé de choisir un thème pour l’année plutôt que de prendre de nouvelles résolutions.

Olivia Sahara

Je suis partie seule dans le désert du Sahara, et j’ai fait un safari à dos de chameau avec un groupe de personnes. En haut d’une dune de sable, j’ai décrété que « cette année sera l’année où je dis oui ». Oui aux opportunités, oui à de nouvelles choses. J’ai passé plus de temps à voyager. Je suis allée en Thaïlande et au Cambodge. J’ai même fait de la plongée sous-marine, bien que ça me fasse vraiment peur.

L’année suivante était l’année du changement. Et pour cause. J’ai commencé un nouvel emploi dans une autre entreprise. Six mois plus tard, j’ai été licenciée. C’était en 2008, en plein milieu de la crise financière. J’ai décidé de prendre une pause. Certains de mes amis partaient à Bali pour deux semaines, et je suis partie avec eux. Je suis restée deux semaines de plus durant lesquelles je suis allée aux îles Gili, où j’ai recommencé à écrire sérieusement.

De retour à Londres, un jour, pendant mon cours de yoga, j’ai commencé à pleurer sans raison. Mon professeur m’a demandé ce que je voulais faire en ce moment précis. Je lui ai dit: « je veux aller skier ». Je ne sais pas pourquoi j’ai dit ça. J’avais seulement skié  deux fois dans ma vie!

Olivia meribel

Un de mes amis montait un châlet à Meribel et recherchait un chef. J’aimais bien cuisiner, donc j’ai suivi une formation et je me suis lancée. J’ai réalisé que ce que j’aimais avec le ski c’était la sensation de liberté et de vivre le moment présent. J’étais censée rester de Janvier à Avril, mais mi-mars, je me suis cassée la cheville et j’ai du rentrer.

Pendant cette période, je ne pouvais pas beaucoup me déplacer. Du coup, j’ai eu le temps de me remettre à l’écriture et de réfléchir à mes expériences à Bali et à Meribel.

Je n’avais pas de plan particulier. J’ai écrit un manifesto qui a été publié sur changethis.com en Janvier 2010. Il s’appelle le « Creativist Manifesto« . Nous sommes souvent définis comme des consommateurs par notre société et par les médias. Cela a un effet néfaste sur ce que nous sommes en tant qu’individus. Cela nous rend passif au travail, dans nos vies. Pour moi les gens devraient se voir comme des créativistes: qui créent, qui échangent, qui agissent.

J’ai identifié neuf différences principales entre un consommateur et un créativiste. Par exemple un consommateur est défini par ce qu’il a, alors qu’un créativiste est définit par ce qu’il est. Un consommateur essaie de créer une vie où tout est certain, alors qu’une façon d’être plus naturelle serait de faire avec l’incertitude.

Quand le manifesto a été publié, des gens l’ont lu et ont commencé à me contacter, y compris Arnold Beeks, qui vit aux Pays-Bas. Ensemble nous avons mis en place un site internet, où nous partagions des idées similaires à celles du manifesto. C’était un lieu où trouver l’inspiration, et pour que les gens publient leurs propres pensées.

En Octobre 2010, mon père est mort sans qu’on s’y attende. C’était très dur pour moi et, peut-être à cause de ça ou d’un besoin de stabilité, j’ai accepté un emploi dans la même boite qui m’avait licenciée. De plus, durant les deux dernières années j’avais travaillé de façon à m’ établir dans le domaine des marques durables (Sustainable brands), et cet emploi était une grande opportunité de ce point de vue. Cependant, cela voulait dire que j’avais moins de temps pour me consacrer à l’écriture.

Malgré tout, l’année dernière, les choses n’étaient pas géniales au boulot et je ne me remettais pas de la mort de mon père. J’ai commencé à penser qu’il fallait sérieusement que je fasse quelque chose de différent.

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En Octobre 2012, je suis allée à Mexico. Mon mari a fait sa demande au début du voyage! Nous étions venus rendre visite à mon amie Veena que j’avais rencontrée au Sahara, et qui vivait là-bas. Veena m’a demandé comment les choses allaient au boulot. Elle savait que je n’étais pas totalement heureuse.

Bien que j’aime beaucoup d’aspects de mon travail, quelque chose manquait. C’était un emploi intéressant et créatif que bien des personnes auraient aimé avoir, ce qui rendait la prise de décision encore plus difficile. J’avais cette petite voix dans ma tète, mais j’ai supposé que tout le monde l’avait de toutes façons, alors je l’ai ignorée. Mais tout le monde n’a pas cette petite voix. Certaines personnes sont heureuses au travail, d’autres ne considèrent pas changer d’emploi comme une priorité.

Quand j’étais là-bas, j’ai vu comment les gens vivaient différemment, comment certains avaient déménagé à Mexico pour commencer une nouvelle vie, ou se sont engagé dans une activité qui les passionne. J’ai passé du temps avec des gens qui pensaient comme moi et qui faisaient des choses intéressantes.

Le 2 Janvier, juste après les fêtes, j’ai donné ma démission.

Je n’avais pas d’idée claire de ce que je voulais faire. J’avais passé la période entre Octobre et Février à organiser mon mariage, et nous nous sommes mariés à Mexico en Février. Au final je n’avais pas tellement eu le temps d’y penser. Je suis revenue début Mars, et j’ai quitté mon travail début Avril. J’ai eu de la chance parce qu’un ou deux mois plus tard, j’ai commencé à faire du freelance pour la même entreprise.

Au début, j’étais assez impatiente. J’avais la sensation que je devais avoir un plan. Ça a changé durant ces dernières semaines. J’étais d’abord inquiète à cause de l’argent, mais mon état d’esprit a évolué et j’ai commencé à moins m’inquiéter du coté financier. J’ai accepté qu’il s’agissait d’une période de changement, et que travailler moins voulait dire que j’avais plus de temps pour mes autres projets. C’est important de se rappeler pourquoi on le fait.

En quittant un emploi, on ne devrait pas se focaliser sur l’aspect « travail », mais plutôt sur le genre de vie que l’on veut mener. Ce qui cause notre frustration est souvent le fait que l’on ne vit pas la vie que l’on souhaite. Si votre emploi n’apporte pas de flexibilité, c’est peut-être ce qui vous frustre au fond, pas l’emploi lui-même. Ce qui est important, ce n’est pas le genre d’emploi, mais le genre de vie que l’on recherche. Je veux passer plus de temps à écrire, et je dois créer une vie qui me permet de faire ça.

Quelle est la prochaine étape pour toi?

J’explore différentes choses. L’année dernière, je suis allée à une retraite « Fuck it ». On y a pratiqué le Qi gong, qui est très utile pour apprendre à travailler avec l’énergie. On se rapproche de nos intuitions, et on est plus ouverts à notre petite voix. Ça m’a conduit à apprendre le Reiki, une méthode de traitement japonaise. J’adore apprendre de nouvelles choses et rencontrer de nouvelles personnes.

Ce que je veux faire commence à se clarifier, mais c’est important d’apprécier l’endroit où l’on se trouve au moment présent. J’ai souvent voulu être quelque part d’autre. Il est vrai que le seul moment qu’on a c’est le présent. Ça peut sembler naïf, et beaucoup de gens le disent tout le temps, mais c’est une leçon qu’il m’a été difficile d’apprendre. Vous n’avez pas besoin d’avoir toutes les réponses. Même les personnes qui semblent avoir toutes les réponses ne les ont pas.

Au fond, j’espère que mon parcours se poursuivra, et que je n’arriverai pas à une fin définitive.

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Peux-tu nous parler de ton blog : »Follow the bliss »?

Quand j’ai quitté mon travail, l’idée de « Follow the bliss » (« Suivez le bonheur ») m’est venue. Cela découlait du fait qu’il faut suivre ce que notre cœur nous dit. Ensuite j’ai cherché la citation, et j’ai réalisé qu’elle venait de Joseph Campbell. Je ne sais pas si je l’avais lue avant, ou si c’est juste une coïncidence. J’ai lu Le héros aux mille et un visages, et c’est un livre qui m’a beaucoup influencé en 2009. Mon thème pour cette année est l’année du cœur, pour agir en partant du cœur et en suivant mon intuition.

Où en est ton écriture?

Je ne sais pas exactement dans quelle direction ça va. Je veux un peu plus explorer la poésie. J’ai plusieurs idées de livres, et je suppose que je devrais en choisir une et commencer à me concentrer dessus, mais à la fois, je ne veux pas trop m’en inquiéter.

Il y a quelques semaines, je suis allée dans le Devon pour participer à Embercombe. C’est un programme autour de trois principales questions: Qu’est-ce que j’aime? Quels sont mes dons? Quelles sont mes responsabilités? Penser à ces trois questions est un bon moyen de décider de ce que l’on veut faire.

J’ai une « voix » et quelque chose à dire. Si je ne l’utilise pas, je ne fais pas honneur aux responsabilités que j’ai envers moi et envers les autres. Si je n’ai pas assez confiance pour utiliser mon don, je suis en fait égoïste, étant donné que je pourrais aider d’autres personnes. Il ne s’agit pas que de nous. Il s’agit aussi des autres. 

J’ai confiance dans le fait que si je continue à écrire, les choses vont commencer à émerger, et une chose entraînera une autre, qui à son tour en entraînera une autre. Je profite juste de l’instant. Avec un peu de chance, cela fera sens un jour! Steve Job disait qu’on ne relie les points qu’en regardant vers l’arrière. Il vaut mieux « suivre le bonheur » et suivre ce que votre cœur vous dicte, en phase avec vos responsabilités.

Quel conseil donnerais-tu à ceux qui veulent sauter le pas?

Faites-le. Si vous pouvez le penser, vous pouvez le faire. Tout le monde ne pense pas comme vous. Si vous avez l’impulsion de faire quelque chose, c’est surement venu de quelque part. Il est important d’écouter sa propre voix, pas parce que vous avez eu une mauvaise journée, mais parce qu’il y a quelque chose de plus profond. Si vous avez la sensation que c’est ce que votre cœur vous dit de faire, vous devez le faire. Peut-être qu’il vous faudra faire de petits pas dans cette direction, commencer à travailler dessus sur le coté.

Il vous faut aussi avoir une idée du point de vue financier. Vous aurez peut-être économisé, ou peut-être qu’il y a moyen que vous viviez avec un plus petit revenu, en déménageant dans un appart plus petit, ou en habitant avec des amis. Vous n’avez pas à vivre exactement de la même façon.

Pour finir, ayez confiance en vos capacités.

Annie Dillard disait « La façon dont on profite de ses journées, est, évidemment, la façon dont on profite de sa vie.» Notre vie, c’est ce qu’on fait chaque jour.

Et vous? Allez vous « suivre le bonheur »? Dites-nous tout dans les commentaires

Jettez un oeil au blog d’Olivia Follow the Bliss ici, et vous pouvez lire le manifesto d’Olivia . Suivez-la aussi sur  Twitter!

L.

F
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