On m’a parfois demandé comment a réagi mon entourage quand je leur ai annoncé que je voulais laisser mon travail, et revenir à Paris.

Non seulement je vais vous en parler, mais étant donné que vous passerez surement les jours à venir à discuter de vos projets pour 2014 (yes!), je vais vous faire part de ce que j’ai appris quand il s’agit d’obtenir le soutien de notre entourage.

 

A vrai dire, le jour où j’ai finalement demandé mon congé sabbatique, cela faisait plus d’un an que mes proches m’entendaient me plaindre, déprimer par moments, et me lancer dans des réflexions existentielles. Il n’y a que quand j’ai commencé à écrire sur ce blog que je me suis vraiment décidée.

Donc, évidemment, le jour où j’ai officiellement dit « je me casse », avec toute l’excitation qui va avec, soit on ne me croyait pas (« ouais, c’est ça »), soit on me disait: « Fais attention, ne plaque pas tout du jour au lendemain. Réfléchis ».

Nan! Je voulais pas réfléchir, je voulais juste me casser!

 

Comment obtenir le soutien de vos proches? | Je me casse

Bon, j’y ai quand même un peu réfléchi. Je n’ai pas tout plaqué du jour au lendemain, et j’ai commencé à élaborer un plan. Après avoir pesé plusieurs options, m’est venue l’idée de prendre un congé sabbatique. Si tout foirait, je pourrais toujours revenir.

J’en ai d’abord parlé à mon copain. J’avais mis de coté les « je sais pas quoi faire » et préparé un discours logique (pour une fois). A ma grande surprise, il a hoché la tête, et il a répondu « Ça fait sens ».

Mes amies du boulot étaient toutes contentes pour moi. Après les « Are you really gonna do it? » (Tu vas vraiment le faire?), c’était « Aw, How lucky! » (Trop de chance!)-  (Au fond, elles voulaient un peu se casser aussi).

 

Mais le plus drôle, ça a été ma mère. La première fois que je lui en ai parlé elle a dit:

« Quoi? Mais tu es folle ma fille! Toutes ces études pour te retrouver à ne rien faire! ».

Je la voyais secouer la tête et se dire que toute l’éducation qu’elle m’avait donnée était tombée à l’eau.

Elle m’a rappelée peu de jours après, calmée: « Tu es sûre que tu veux faire ça? Tu ne préfères pas chercher un bon travail à Paris? »

« Non.

– Mais tu vas faire quoi?

– Ecrire un blog, et un livre. »

Elle soupire.

« Et pour l’argent? ».

Ça allait être long. Je lui ai dit:

« Maman, je suis une fille intelligente, je vais me débrouiller. Ne t’inquiète pas ».

Elle a fait une pause et répondu « Ah, c’est ce que je voulais entendre. »

 

L’expérience avec ma mère m’a fait réfléchir. J’ai réalisé que le meilleur moyen d’obtenir le soutien de mes proches était de

« Venir avec des réponses, pas des questions »

Et si je n’avais pas les réponses, je leur dirais comment je comptais les trouver.

 

Vous voulez vous casser? Comment gérer les réactions de vos proches  | Je me casseNos amis et notre famille veulent être rassurés que tout se passera bien. Quand on leur montre qu’on sait à peu près ce qu’on fait, ils se relaxent. On anticipe souvent leurs réactions, mais ils ont tendance à nous surprendre.

Si la décision les impacte, il est important de les impliquer dans le processus de décision, discuter les options, mais tout en montrant que l’on sait ce qu’on veut faire, que la motivation est là, et que ce n’est pas un simple caprice.

De toutes les personnes que j’ai interviewée, aucune ne s’est entendue dire « ne le fais pas ».

Pâquerette, par exemple, expliquait comment elle avait choisit d’impliquer peu de personnes dans sa décision, pour ne pas avoir à négocier son choix.

Quand aux remarques du genre « Mais tu penses pas que tu devrais bientôt chercher un ‘vrai‘ travail », il suffit de savoir pourquoi on fait ce que l’on fait, et d’expliquer qu’un ‘vrai travail’ ne fait pas partie du plan pour l’instant. Et aux remarques du genre « ça ne marchera jamais », la réponse la plus simple est « on verra bien ».

 

Au fond, on sait toujours ce que l’on veut. Bien sûr, on cherche à être rassuré, et que notre projet soit approuvé. Le meilleur moyen pour cela, est de montrer que l’on y tient. Prendre la décision en elle-même est une autre affaire, mais cet article pourrait vous y aider. 

 

Si vous vous êtes cassés, comment ont réagi vos proches? Sinon, comment anticipez-vous leur réaction? Avez-vous d’autres techniques pour gérer les réactions de votre entourage?

[Crédit photo Image 1Image 2Image 3]

9 thoughts on “« Quoi? Tu te casses?! » Comment gérer la réaction de vos proches

  1. David on 5 janvier 2014 at 9:53

    Intéressant ton article. Quand j’ai parlé de mon projet de me casser en congé sabbatique de six mois à mon compagnon, j’avais pourtant présenter le truc sous le bon angle : cela ne lui couterait rien, je continuerai à payer mes charges, et mon projet était financé. Pourtant, sa réaction m’a laissé sur place. Il m’a dit « si tu fais ça pour fuir ce boulot que tu ne supportes plus, ça ne sert à rien, il faudra bien que tu y retournes un jour ou l’autre. Et ce sera encore plus dur à supporter »

    J’ai eu beau lui expliquer que je voulais souffler, prendre du recul, couper les ponts avec ce travail qui effectivement ne me convient pas, il n’a pas soutenu mon idée. Partir en congé sabbatique sans projet de voyage, de formation ou de reconversion lui semblait stupide et inutile. « Si c’est juste pour glander devant ton Mac en pyjama pendant six mois… ça servira à quoi… »

    Depuis j’ai abandonné mon projet. Peut-être parce qu’au fond, je pense que mon ami avait raison. La réaction de l’entourage est déterminante je pense. Si mon compagnon avait soutenu mon projet, je me serai senti plus à l’aise, plus motivé pour le faire. Et j’aurais sauté le pas. Mais sa réaction m’a refroidi pour un bon moment je pense… Peut-être n’ai-je pas assez défendu mon opinion.

  2. Lyv on 6 janvier 2014 at 12:11

    Merci beaucoup pour ton témoignage David, et de partager ton histoire avec autant d’honnêteté.

    Je vois pourquoi tu as été freiné. On a souvent besoin d’entendre ‘vas-y fonce!’ de nos proches pour pouvoir avancer. Surtout quand ce proche est notre compagnon. Son soutien est souvent crucial à la bonne marche du projet.
    Sheryl Sandberg disait que notre partenaire dans la vie est le choix le plus important d’une carrière.

    Après, il peut y avoir d’autres approches pour obtenir ce soutien. Dans ton cas tu avais déjà pensé la plupart des aspects, et ça n’allait pas affecter ton compagnon.

    Une option est de venir sur la table avec la décision prise et plutôt que de demander une opinion ou même une permission, seulement partager son intention, en restant ouvert aux suggestions. C’est l’option ‘à prendre ou à laisser’. L’avantage: tu ne demandes pas vraiment un avis sur le projet en lui même, donc on ne peut pas te dire non. Le risque: si la personne a une grande part dans ta vie, elle peut se sentir vexée que tu ne l’aies pas
    consultée plus amplement.

    Une autre option:
    Quand je me heurte à un désaccord ou à une incompréhension, j’aime bien demander pourquoi la personne pense ça, autant de fois que nécessaire.
    L’idée est de vraiment comprendre le fond de pourquoi la personne est réticente (peur du changement, ne comprend pas?) et de trouver un moyen d’y répondre.

    Certaines de ces raisons t’aideront justement à éclairer ton projet, et tu pourras montrer que tu prends vraiment chacune en compte.

    Ex: ‘C’est une mauvaise idée’ – pourquoi? – ‘tu peux pas rester 6 mois à rien faire’ – pourquoi? – ‘C’est une perte de temps, et t’auras un trou dans ton CV’.
    Dans ce cas, pourquoi ne pas s »inventer un mini-projet à faire entre temps, quelque chose que tu as toujours rêvé de faire. Ce ne sera pas du temps perdu, et tu t’amuseras en même temps.

    Enfin, tout dépend vraiment de ta situation – on peut en parler plus amplement si tu veux (tu peux me contacter directement ici ).

    Oú en es-tu aujourd’hui? Penses-tu toujours à prendre ton congé sabbatique?

    Aux autres, comment auriez-vous géré cette situation?

  3. David on 8 janvier 2014 at 5:13

    Merci pour ta réponse. J’ai abandonné mon projet de congé sabbatique après cette discussion avec mon compagnon, parce que j’ai bien senti qu’il ne me soutiendrait pas. Or, depuis plus de 13 ans que nous nous connaissons, il a toujours soutenu mes idées, mes projets, mes envies.

    Par ailleurs, je pense qu’effectivement il a raison sur le point le plus sensible : fuir son travail n’est pas une bonne raison de prendre un congé sabbatique. Car il faudra bien revenir, un jour ou l’autre, et le problème sera toujours là. Je continue donc à faire comme presque tout le monde : je vais bosser en traînant les pieds.

    C’est pourquoi la lecture de ton blog me fait énormément de bien : c’est motivant de voir que certaines personnes réussissent à s’offrir la vie qu’elles veulent et pas celle qu’on leur impose.

    Merci à toi.

  4. Som on 18 mai 2014 at 5:22

    Bonjour David,
    Je comprends bien ton besoin de partir en congé sabbatique pour souffler un peu, si tu ne le supportes plus.
    Je comprends aussi le point de vue de ton compagnon et dans un sens, je pense qu’il n’a pas tort : si tu prends un congé seulement dans le but de t’éloigner de ton boulot, tu ne feras que le fuir et à la fin de ton congé, ce sera de nouveau la déprime.
    Je pense que la question que tu dois te poser, c’est : comment mettre à profit ce congé sabbatique ? Voyager dans le pays de tes rêves ? Réaliser un projet personnel qui te tient à coeur ? Ou encore chercher un travail qui te correspondrait vraiment, dans lequel tu te plairais et tu n’aurais même pas idée de prendre un congé sabbatique pour t’en défaire quelques mois ?
    A mon avis, il faut se concentrer sur un objectif d’abord. Et ensuite seulement songer à prendre un congé sabbatique. Le congé sabbatique est un moyen de réaliser quelque chose dont on a envie, ce n’est pas une fin en soi.
    Si tu as besoin de recul pour réfléchir à ce que tu veux, peut-être peux-tu commencer par prendre des congés payés déjà ? Ca te permettra de te demander ce que tu veux vraiment, sans avoir le poids du boulot tous les jours.

  5. Nad on 19 août 2014 at 5:49

    Pour ma part, j’ai déjà changé de direction avec une reconversion suite à un bac + 2 et un premier job qui ne me plaisait pas, il y a déjà plusieurs années soutenue par mon compagnon et mes parents, bien que critiquée par des amis et laissant entendre que non seulement je n’y arriverai pas, mais que j’aurais du mal à trouver un boulot.
    Bon ben en fait j’ai réussie et je ne regrette aucuns de mes choix ! Certes après en avoir énormément c**é à titre personnel pendant 6 ans car je bossais à mi-temps, tout en travaillant mes cours par correspondance et je prenais en plus des cours privés près de chez moi pour rattraper mon niveau. Autant dire que j’y ai laissé des plumes financièrement mais aussi moralement et psychologiquement. Pour m’apercevoir que ça ne suffirait pas pour trouver du taf, j’ai complété avec une année supplémentaire comprenant 6 mois de cours à la fac et 6 mois de stage au bout duquel j’ai trouvé LE job rêvé, dans une petite boite à l’esprit familial, pas trop mal payé et beaucoup de liberté tant au niveau des projets que de leur réalisation.
    Sauf que voilà, toute bonne chose à une fin, et cette belle histoire part à l’eau à cause d’un rachat via une grosse « usine » qui préfère faire du quantitatif que du qualitatif et nous considère comme un troupeau de moutons lambda, bons pour l’ouvrage dicté.
    Toutes mes fonctions ont changées et mes projets passés ont été mis à la poubelle !
    J’ai l’impression d’avoir été dupé, d’avoir perdu mon temps et mon énergie, et moi qui me levais joyeusement le matin pour aller bosser jusque là, j’ai maintenant l’impression d’aller à l’abattoir une corde au cou, sans avenir ni utilité pour mon quotidien ou celui des autres.
    Je me retrouve donc à la case départ, dans la même situation désespérante qu’il y a 13 ans ! Devoir refaire son bilan intérieur pour savoir quelle direction je dois prendre et quelle action à mettre en place pour retrouver un job dans lequel je puisse m’accomplir sur tous les plans et le hic se trouve là : j’ai des idées ! Pleins ! Ce qui n’était pas le cas avant… Je dois faire le tri, faire le tour de mes moyens financiers et de mes capacités intellectuelles alors qu’un drame familial me tort déjà la tête… Pourtant mal dans mon quotidien, cette impression d’inutilité et d’ennui au boulot est une vraie torture qui DOIT changer… et vite pour ma santé mentale…
    Oui mais comment ? Je sais qu’une solution va se présenter, mais elle reste très vague dans mon esprit, et ça n’aide pas !
    Alors, bon courage et celles et ceux qui se trouvent dans cette situation…

  6. Vanessa on 30 août 2014 at 1:54

    Moi, je suis en train de me casser. D’ailleurs, jai découvert ton site le 1er jour de mon préavis. Via une interview video avc Ling-en Hsia de « vivredesonblog ».
    Mon envie de me casser ne datait pas d’hier mais il y avait tjrs quelque chose qui m’en empêchait. La peur en particulier. Quand jai décidé de « réellement » me casser. C’était la libération. Et puis j’avais un plan.
    Très peu de mes proches sont au courant. Concernant les reactions, jai été soutenue. Car il connaissaient mon parcours, mes aspirations et que je ne me cassais pas pour ne rien faire. Je faisais déjà une activité en parallèle. Celle-là meme à laquelle je veux donner une chance de grandir vraiment. Jai également expliqué que c’était le moment parfait pour tenter cette nouvelle aventure. Des sous de coté, pas encore d’enfants et un ptit réseau qui commencait à bien se construire. Je pense que c’est ma confiance en mon avenir qui les a rassurés, pour ma part. Voilà pour moi 🙂

  7. Sébastien on 18 mai 2015 at 7:54

    Commenter un message vieux d’un an et demi ? Cap.

    J’ai posé ma démission la semaine dernière, et comme tu m’y as un peu aidé (eh oui !), je me suis dit que ça valait un petit message.

    J’ai commencé à en parler autours de moi, et c’est vrai que les réactions sont parfois dures à gérer. ça c’est bien passé du côté de la famille et des amis : ils me connaissent, et savent que quand j’ai une idée en tête, je fonce 🙂 Et avec un projet bien ficelé, ça passe mieux.
    Le plus dur pour moi ça a été mes managers/collègues/clients, ceux qui pensaient que j’irais loin, qui essayaient même de faire passer le message à ma hiérarchie, mais qui surtout, comptaient sur moi pour la suite !
    Mais voilà, je me casse, et c’est la bonne chose à faire 🙂

    Vivement lundi prochain, et à bientôt !
    Seb

  8. Lyv on 20 mai 2015 at 12:26

    Haha, merci Sébastien de faire revivre cet article 🙂 Félicitations pour ton « cassage », et pour le fait de l’avoir exprimé autour de toi. Eh oui, droit devant !

  9. sou on 5 juin 2016 at 11:02

    J’ai 20 ans et cela fait déjà plusieurs mois que j’ai pris la décision de suspendre mes études et de partir voyager à l’étranger. Ma formation m’offre la possibilité de suspendre mon cursus pendant un ans et de reprendre ma troisième années ensuite. J’ai déjà fait mon passeport, mon visa working holliday, je me suis inscrit sur de site de woofing et de jeunes filles au paire et j’ai pris mes billets pour la nouvelle zélande. Je part dans 3 mois et toute une partie de ma famille et au courant, je n’est pas eu de très grand encouragement pour le moment. Mais je dois en parler à mon père avant le départ, seulement je ne suit pas très enthousiaste d’entendre ce qu’il en pense. Il est plutôt de l’ancien modèle « tu fait tes études à fond » (surtout qu’il ne me reste qu’un an avant le diplôme). Des petits conseille serait le bienvenu pour lui apporter la chose sereinement.

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