on ne vous dit pas tout - chut...

Nous blogueurs, web-entrepreneurs, marketeurs pour certains, on ne vous dit pas tout.

On ne vous dit pas tout parce qu’il faut que nos titres accrochent, que nos paragraphes vous captivent. Que vous ne soyez pas tentés de cliquer sur la petite croix en haut à droite de l’écran.

Notre job, c’est « capturer » et « convertir », et plein d’autres mots un peu barbares comme ceux-là.

Et on ne vous dit pas tout.

 

Quand vous lisez : « Comment j’ai gagné 10 000 euros en une semaine »

Le mec en face, il ne vous dit pas que cela fait deux ans qu’il travaille à son entreprise. Que ses précédents produits n’ont pas fonctionné, mais qu’il a persévéré. Que cela fait deux ans qu’il essaie de se construire une base d’emails, qu’il s’est entouré d’un bon réseau d’amis pour se faire de la promo.

Et que finalement, il a lancé le bon produit au bon moment, et que sa communauté a adhéré.

C’est en deux ans qu’il s’est fait 10 000 euros, et pas en une semaine. Et il devrait être fier de ça.

 

Quand vous lisez : « je gagne ma vie avec mon blog/business »

Cela peut avoir des significations très variées pour différentes personnes. Pour certains, gagner sa vie, c’est payer son loyer. Pour d’autres, c’est avoir assez pour habiter chez un-e ami-e et payer les courses. Et pour certains, c’est avoir assez pour manger, boire, sortir, économiser, voyager. Vivre, quoi.

C’est un raccourci assez rapide que l’on fait souvent. « Est-ce que tu vis de ton business ? » est une question un peu vague. Demandez au moins « Est-ce que tu vis bien de ton business » et selon les standards de la personne, vous saurez si son revenu lui est satisfaisant.
Quand vous lisez : « Je ne travaille que 4 heures par semaine, et je gagne un salaire entier »

Clin d’oeil à mon pote Tim. Avant de pouvoir ne travailler que 4 heures par semaine, Tim Ferris a créé une entreprise profitable à la sueur de son front. Ensuite il l’a optimisée. Ce n’est pas venu par magie, ni ‘facilement’. Il a bien galéré avant !

 

Quand vous lisez : « Je travaille de la plage, les doigts de pieds en éventail »

Vous imaginez une personne qui a pris ses quelques économies, ordinateur sous le bras, et est partie faire un blog pour raconter ses vacances. Mais ce n’est pas ça. Travailler en voyageant, c’est pareil que travailler de sa cuisine, ou d’un café. C’est du travail.

Cela veut dire que ces gens, avant de pouvoir voyager, ou avant de le faire confortablement, ont monté un business (qui parfois n’a rien à voir avec le blogging), on créé une base de fans, et l’on fait grandir. Assez pour payer leur vie à l’étranger et leur billets d’avion.

 

Quand vous lisez : « Comment j’ai perdu 20 kilos en 1 mois »

La recherche de la minceur. On veut des réponses, et on les veut vite. On est à l’affût des solutions miracles, et on est triste quand on n’en a pas. Perdre 20 kilos en 1 mois, je ne sais même pas si c’est possible, ou même sain. Mais admettons.

D’une, en fonction de votre poids de départ, vous perdrez plus ou moins rapidement. De deux, la « perte de poids » a une notion de développement personnel forte. Cette personne qui a perdu autant en un mois, peut-être a-t-elle passé des années à essayer de mieux accepter son corps. Peut-être que son combat c’est d’avoir une image positive d’elle même. Peut-être aussi qu’elle a fait un régime super-dangereux pour perdre rapidement. On ne sait pas.

 

Il y a des choses qui se passent en coulisses que vous ne voyez pas. Le trac, la sueur au front, les retouches maquillages, les fermetures qui coincent, le bout de cellulite qui dépasse.

Ainsi, rappelez-vous que quoi qu’on en dise, on galère tous un peu. (même Beyoncé)

 

Sur le net, intentionnellement ou non, il y a une tendance à présenter les choses de manière plus simple / faciles / jolies qu’elles ne sont. Il y a une propension à faire rêver. Et c’est normal, on veut envoyer une image positive.

Mais parfois cela va trop loin.

Ceux qui vous promettent que vous deviendrez riches rapidement, ou que tous vos problèmes seront réglés si vous faites tel ou tel programme vous ont menti.

(Clin d’oeil à Morgane)

Tout changement met un peu de temps, et demande de l’énergie. Cela ne veut pas dire que ce sera difficile pour vous, mais cela veut dire que si parfois, vous vous rendez-compte que vous allez moins vite que vous ne l’imaginiez, demandez-vous à qui vous vous comparez.

 

Rassurez-vous, vous allez peut-être galérer un peu. Les choses peuvent prendre un peu de temps à décoller. Mais cela ne veut pas dire que vous faites les choses « moins bien » que ceux qui y arrivent rapidement. Ils-elles ne vous ont peut-être pas tout dit.

Vous allez peut-être galérer un peu. Comme nous tous. Et c’est ok, cela fait partie du chemin.

Le plus important est de ne pas lâcher.

 

L’inspiration de cet article m’est venue d’une remarque d’une de mes clients. Elle m’a dit « quand on te lit, on dirait que tu es partie à Londres sur un coup de tête, avec une valise sous le bras. Tu n’avais pas d’appart ? De meubles ? ».

Et c’est vrai, maintenant que j’y pense, je n’ai pas parlé de ce qui se passait en coulisses, parce qu’au moment d’être devant le clavier, ce n’est pas ce qui me venait.

Mais j’aienvie de soulever le voile. Je ne suis pas partie avec une valise, mais avec deux 🙂

On avait rendu notre appartement depuis plusieurs semaines déjà, sachant qu’on partirait (sans avoir décidé où). Et nous avons mis la plupart de nos affaires en stockage. J’ai habité chez une super amie plusieurs semaines, le temps qu’on décide de notre prochaine étape, et en février, on a décidé que ce serait Londres.

Bon, je suis partie fin mars, donc on peut dire que c’était un peu rapide. Mais oui, la vérité c’est que j’ai beaucoup plus de bagage que je ne l’ai montré 🙂

 

J’essaie de dire la vérité. Ma règle est que si je choisis de parler d’un sujet, alors je dois pouvoir le couvrir en entier. – je me dis que sinon ça ne sert à rien – mais comme tout le monde, moi aussi je filtre parfois, et je fais des raccourcis.

Alors si vous avez la sensation que je ne dis pas tout, demandez.

11 thoughts on “Une vie sans lundi #72 – On ne vous dit pas tout…

  1. Severine on 20 avril 2015 at 11:08

    Hello ! Merci, chouette article sincère ! Et merci de rappeler, en effet, que le marketing sur Internet est possible mais que ça ne marche pas en claquant des doigts ! Tout le monde ne peut pas devenir milliardaire… et il faut faire attention en effet aux promesses un peu trop « euphorisantes ». Lire et s’instruire un max, ça oui, essayer, même si ce n’est pas parfait, se lancer et surtout être convaincu de ce que l’on fait… l’argent est certes important mais il faut le faire avec le coeur… comme tout dans la vie… enfin c’est mon avis. Trop de ces « pros du web » parlent stratégie-argent et ont les dents bien longues je trouve. C’est là que je n’aime plus du tout ce concept… Enfin, bref, merci pour l’article! je continue mon chemin également… un blog sur les voyages et un sur l’agoraphobie… ni l’un ni l’autre ne me permette d’en vivre mais au final, est-ce bien important ? Belle journée!

  2. Anne-Framboise on 20 avril 2015 at 11:19

    C’est vrai que les changements ne se font pas en un claquement de doigts, il faut savoir persévérer et parfois attendre le bon moment pour se lancer. Mais j’avoue que ces périodes de doutes et « d’attentes » sont parfois bien longues … mais quand elles sont derrière nous et qu’on a passé un cap, on sourit d’avoir tenu bon !
    Merci pour ta sincérité dans tes articles ! 🙂

  3. Psycho-Boook on 20 avril 2015 at 11:32

    Lyv, je trouve ton article vraiment génial ! Car c’est vrai que sur le net on peut se dire « oh chouette c’est rapide j’adhère ! » mais on se dit aussi « mais…. il/elle a fait comment Oo »
    et nous parler des coulisses c’est aussi nous dire qu’on est dans la réalité et que dans la réalité bah tout ne nous tombe pas dans les bras et que ça ne pousse pas dans les arbres.
    En tout cas merci pour ton article =)

  4. Morgane on 20 avril 2015 at 5:40

    Salut Lyv !
    Tout d’abord, merci pour la citation 😉
    Il y a une maxime que j’aime beaucoup : « l’attente c’est la moitié du plaisir » et j’y crois dur comme faire. Quand tout est trop facile, trop rapide, on perd l’envie (d’avoir envie), on perd le frisson.
    Et certains oublient aussi que ce n’est pas le but du voyage qui est forcément le seul bonheur, c’est avant tout l’ensemble du voyage, même s’il est parfois chaotique… Comme dans le sport en fait : transpirer ça fait du bien au corps, au moral et à l’estime de soi… bisous ^^ Morgane
    (je mets mon commentaire sous le bon article 😛 )

  5. Guillaume on 20 avril 2015 at 6:08

    Salut Lyv,
    Article très intéressant une fois de plus. Comme tout le monde je reconnais ces périodes de la vie où tu lis la réussite d’untel, où tout semble si facile tel que c’est raconté. Le plus dur est que cela peut décourager quand on galère et qu’on lit cela au mauvais moment, tenté(e) de se comparer.
    Et puis, au fil des ans, pour avoir vécu, côtoyé, donné cours à des dirigeants et personnes reconnues pour leur « réussite professionnelle » (qu’est ce que ça veut dire?), j’ai découvert les coulisses .. peu de lien social, les coups bas, les enfants qui ne voient que très peu leur parents, des problèmes de santé, de l’épuisement moral, des burnout, etc .. et j’ai appris à développer ce qu’on appelle en yoga le ‘contentement’.
    Lecteur des auteurs dont tu parles, inclus Tim, je pense qu’il faut lire cela avec du recul, prendre ce qu’il y’a à prendre pour soi, et avancer, faire son chemin, se ramasser, recommencer .. bref Vivre quoi !
    On me demande aussi souvent si je vis de mon activité (cours de yoga), je dis OUI, j’essaye de partager le bonheur que c’est au quotidien, mais aussi d’expliquer les côtés moins fun par rapport au salariat, que je gagne moins qu’avant, qu’il faut rassurer l’entourage, et que le projet comprenait des changements dans ma façon de vivre.
    Et pour terminer sur une note très positive, je pense aussi que c’est un trait de caractère de savoir parler de ses galères de manière positive, signe qu’on a su rebondir et qu’il fallait peut-être passer par là pour progresser et passer à autre chose !
    Amicalement
    Guillaume

  6. Virginie Chavenon on 21 avril 2015 at 12:06

    Article très juste, qui remet les choses à leur place. C’est vrai qu’en communication c’est le beau, facile et rapide qui attire. Ce qui pose en effet la question de la transparence envers la communauté. Ne parler que du positif, de ce qui marche bien pour être intéressant, ou parler aussi de ses galères, de ses échecs. Vaste sujet, vaste débat.
    Merci Liv’ pour cet article.

  7. Charly - Cap Cohérence on 21 avril 2015 at 12:20

    Salut Lyv,
    Merci beaucoup pour ce nouvel article ! Encore un que j’aurais pu écrire tant il reflète mes pensées…
    Effectivement, tout n’est pas facile, rapide, évident et non, il ne suffit pas d’appliquer un mode d’emploi tout fait fruit de nombreuses années d’essais jusqu’à trouver THE méthode…
    Et heureusement ! Comme le dit la citation, « à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ». C’est bien le challenge et l’effort qui font la saveur de la réussite…
    Maintenant, en tant que web-entrepreneur partageant ces valeurs, reste à trouver comment séduire, rassurer et convaincre les internautes sans ces artifices marketing 🙂

  8. Sally on 21 avril 2015 at 2:08

    Merci d’être vrai!! Perso je repère direct les blogueurs qui marketent à outrance et hop je ne les suis plus!! Comment faire confiance à quelqu’un qui ment pour rendre la réalité plus jolie, alors qu’en face il y a des personnes qui souffrent??!! No way!

  9. Danielle Lise on 22 avril 2015 at 1:45

    Merci de ce rappel. Il est nécessaire. 😉

  10. Agathe on 5 mai 2015 at 12:41

    Bonjour Lyv et tous 🙂

    C’est vrai qu’en parcourant les sites et témoignages de gens qui ont réussi à se créer leur propre activité avec leur passion, on dirait le nirvana, on se demande comment ils ont fait et on se sent nul de galérer, ne pas savoir comment faire, ne pas oser, etc (j’ai vite arrêté de suivre ces gens-là !!)

    Ce qui m’interpelle, c’est la question de l’entourage, certains m’ont dit « vas-y, fonce, tu es seule, tu peux faire ce que tu veux ! »
    Je ne le vois pas du tout comme cela. A la sortie des études ou d’un CDD peut-être mais plus maintenant ! Certes je n’ai pas de jeunes bouches affamées à nourrir mais mon salaire est mon seul revenu ; les personnes qui témoignent ont toutes l’air d’avoir un conjoint derrière elle ou de la famille qui soutient leur projet, un filet de sécurité quoi.
    Mes parents vivent en province, ils m’aident et me soutiennent volontiers en cas de galère mais ils ne comprendraient pas que je quitte un job (relativement) bien payé et stable.
    Même avec un peu d’argent de côté, se dire qu’on sera à la rue si dans 1 an ça n’a pas marché, c’est assez paralysant
    Si quelque part sur ce blog que je découvre, il se trouve des infos/ témoignages qui m’auraient échappé, de gens qui y arrivent en vivant seuls, cela m’intéresserait !

  11. Cécile on 2 décembre 2015 at 12:34

    Ah moi c’est tout l’inverse. comment oser se lancer alors qu’on a la famille derrière soi (j’ai pas dit « comme un boulet, hein). On dit quoi à son conjoint ? « bon ben chéri(e), faut que t’assures là, parce que j’ai un rêve sur le feu à réaliser. Merci,bisous ciao ». On dit quoi à ses enfants ? « Les loulous, vous êtes des amours mais je vais disparaître de vos vies pendant 6 mois, le temps de réaliser un truc hyper important pour moi, alors sorry mais je ne serai plus dispo pour écouter votre piano, jouer à puissance 4 pendant des heures, consacrer des dimanches entiers à la trilogie #faire les devoirs-faire le taxi-faire vos desserts préférés# Moi si j’étais seule, je saurais prendre des risques, déménager pour plus petit, sauter des repas etc… mais voilà, y a pas que moi dans ma vie.

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