Une vie sans lundi #24 – Doit-on faire de sa passion un métier?

Doit-on faire de sa passion un métier? | Je me casse

Ma réflexion continue et qui dit réflexion, dit d’autant plus de questions.

 

Aujourd’hui, je m’en pose deux.

La première: en se cassant, doit on absolument trouver un métier qui nous passionne?

Ma réflexion de la semaine dernière sur ‘ce qu’est un bon boulot’ y répond partiellement.

Dans mon cas, la réponse est: pas forcément. Dans l’article et dans les commentaires qui ont suivi, on peut voir que de nombreux critères, hormis le contenu même du travail, peuvent définir un ‘bon’ boulot – ce qu’on y apprend, le temps libre qu’il nous laisse pour nos passions justement, l’environnement de travail, l’ambiance, etc.

 

La seconde, avec laquelle je souhaite prendre le problème à l’envers: est-il nécessaire de faire de sa passion un métier? Est-ce même une bonne idée?

 

Je suis passionnée de livres, et d’écriture en général. Ma bibliothèque déborde, j’aime le son des mots, et en temps normal, j’en griffonne dans mon carnet à la moindre minute de libre.

Je me suis même lancée dans l’écriture d’un roman dont le premier jet est terminé aux trois quarts.

Mais depuis un mois ou deux, je suis bloquée. Je n’ai plus envie de m’y mettre. Je ressens une résistance quand je dois travailler sur la structure ou réécrire des passages. Ce n’est plus aussi drôle qu’avant.

J’ai remarqué aussi que je n’écris plus les petits morceaux d’histoires que j’écrivais par simple plaisir.

 

Que s’est-il passé?

 

Hier je suis allée au salon du livre, où j’ai rencontré David Foenkinos. Je l’aime. Il m’a enchanté avec La Délicatesse, et il rassemble tout ce que j’apprécie chez un écrivain: la simplicité, le style, et la capacité à raconter des histoires touchantes et drôles à la fois.

Je lui ai demandé s’il avait un conseil à donner à un aspirant écrivain. Il a dit:

« Il faut écrire pour écrire, (…) et si ça ne marche pas, ce n’est pas grave »

(J’ai un peu tronqué sa réponse,  je veux garder un peu de ce moment privilégié avec David pour moi!)

 

J’ai réalisé que pour ce qu’il s’agissait du roman, je n’écrivais plus pour écrire. J’écrivais parce qu’il fallait que le résultat soit décent, afin de pouvoir le montrer un jour, le faire relire, et finalement, l’envoyer à un éditeur.

Le but ultime (lointain et souvent inavoué): en faire un livre édité puis vendu, et au bout du compte, faire de l’écriture mon métier.

 

Mais une fois que j’avais donné cet aspect professionnel à l’écriture, ce n’était plus vraiment excitant (je pense qu’une certaine peur de l’échec s’est installée… Et si ça ne donnait rien de bon?).

Sur les conseils de David, hier soir, je me suis essayée à écrire pour écrire, sans but précis. J’ai allumé l’ordinateur sur une page blanche, et j’ai laissé courir les mots, comme au bon vieux temps.

En est sortie l’histoire de cette adolescente dont le problème était qu’elle écrivait si bien qu’elle en oubliait de raconter ce qui la touchait vraiment.

Peut-être qu’elle non plus ne savait plus écrire pour écrire.

 

J’en suis arrivée à une semi-conclusion:

 

Il est formidable d’être passionné par son métier.

Mais faire de sa passion un métier ne devrait pas être un objectif en soi. Car quand on lui rajoute des contraintes, la passion perd parfois un peu de sa saveur.

A mon sens, il faut poursuivre sa passion, de la façon la plus libre et honnête qui soit. Y aller à fond, tous les jours. Et si ça mène à quelque chose tant mieux.

Une passion ne devrait pas subir de pression…

 

Si l’on a des moyens d’intégrer cette passion dans un métier, c’est formidable! Ou si on a ce ‘bon’ boulot qui nous permet de nous adonner corps et âme à cette passion en dehors, c’est également fantastique.

Mais on ne devrait pas se sentir forcé de faire de sa passion un métier.

 

J’aimerais beaucoup avoir votre avis sur la question: Doit-on faire de sa passion un métier? Devrait-ce être le but de toute personne passionnée?

Credit photo: Mait Jüriado via photopin cc

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