Une vie sans lundi #56 – Pourquoi travaille-t-on?

pourquoi travaille-t-on | je me casse

 

Samedi dernier, j’ai assisté à une conférence avec Pierre Rabhi et Vandana Shiva.

Pierre Rabhi promeut ce qu’il appelle une ‘sobriété heureuse‘, loin des contraintes d’une société qui nous demande de passer notre vie de boîte en boîte.

« Nous vivons dans une boîte, nous travaillons dans une boîte, nous dansons en boîte, nous allons au boulot dans notre caisse… tout ça jusqu’à la dernière boîte. »

Vandana Shiva, docteur en physique quantique, titulaire du Prix Nobel alternatif, est retournée dans son Inde natale pour promouvoir une ‘désobéissance créatrice’.

Dans son pays, les graines sont contrôlées non par les paysans, mais par les multinationales qui ont la main mise dessus. En effet, de nombreuses graines et plantes sont aujourd’hui brevetées par les 5 plus grandes entreprises agro-alimentaires.

Conséquence: certains des paysans qui les cultivent s’endettent pour avoir le droit de faire pousser ces graines, et n’ont parfois pas de quoi se nourrir eux-mêmes.

Ainsi, plutôt que de suivre des règles mises en place par des multinationales, elle décide d’encourager les paysans à faire pousser chez eux des variétés de graines locales, pour certaines peu connues, afin de recréer une agriculture plus équitable.

 

Pourquoi travaille-t-on?

J’ai envie de vous faire un compte-rendu détaillé de cette conférence… mais ce ne sera pas aujourd’hui 🙂

De nombreuses phrases m’ont marquées, mais la question avec laquelle j’en suis sortie est: ‘pourquoi travaille-t-on?« .

Pourquoi se lève-t-on à 7h, prenons-nous le métro, allons-nous dans un bureau, travaillons-nous pour un patron et rentrons-nous à la maison pour recommencer le lendemain, en attendant les vacances, puis la retraite?

En quittant cette conférence, et en ayant entendu se dérouler devant moi la liste des soucis que le monde actuel connaît (et on a à peine effleuré la surface), je me suis demandée quel était le sens du travail aujourd’hui.

On travaille pour une chose principale: la sécurité financière.

Un emploi salarié nous assure un revenu stable à la fin du mois. Avec, on peut manger, on peut se vêtir, et on peut anticiper les mois à venir, sans trop d’angoisse, et sans trop avoir à réfléchir.

Le travail nous permet également de nous intégrer dans la société. Il nous donne un statut, et même parfois une identité (« Tu fais quoi dans la vie? Je travaille pour… »)

A mes yeux, cette sécurité donnée par le travail est illusoire. Au contraire, un être humain ou un groupe d’êtres humains ont le contrôle total sur nos vies et nos existences. C’est l’inverse de la sécurité.

Je fais partie des personnes qui ont passé leur diplôme (en finance) en plein dans la crise (financière). On nous avait toujours dit que notre voie était la voie royale. Que jamais on ne serait au chômage.

On nous a menti. Ou nous avons été trop crédules.

Ou c’est juste qu’on ne connaissait pas d’autre moyen de vivre confortablement que de travailler pour une grosse entreprise. On lui donnerait nos journées, nos vies, et en retour, elle nous assurerait une vie paisible, de jolies vacances et une belle retraite.

 

Quels sont nos réels besoins?

En écoutant la conférence, j’ai réalisé que notre environnement crée de nombreux besoins. Des besoins qui parfois nous éloignent de l’essentiel.

En me cassant, j’ai du faire très très attention à mon revenu. Et même si j’ai connu des moments difficiles, cela m’a appris que je plaçais mon argent au mauvais endroit. Toutes les choses dont je pensais avoir besoin cachaient ce que je voulais réellement.

Salariée, j’étais toujours à découvert, et ça ne me freinait pas au moment de faire du shopping. Des vêtements que je n’ai même plus dans mon armoire, un an après. Et j’avais complètement ignoré d’autres besoins que j’avais: celui de prendre soin de moi et de ma santé, de bien manger, de prendre soin de ma peau, de faire de l’exercice, d’avoir un bel intérieur.

Cela me coûte peut-être autant d’argent que mes séances shopping, mais mes dépenses sont comme replacées sur ce qui est réellement important.

***

On oublie, parfois, ce qui est important pour nous. Parfois, ce qui nous apparaît comme important n’est qu’une perception construite à partir de la quantité d’information qui nous bombarde.

On croit avoir besoin d’une grosse maison et d’une belle voiture, quand au fond, on a envie d’une petite maison, et de marcher à pied. On croit avoir besoin d’un petit appart dans une grande ville, quand au fond, on rêve d’espace.

C’est comme si ce que l’on voulait était enfoui sous ce que l’on pense devoir vouloir. 

Aussi, on confond souvent l’argent avec ce qu’il achète.

L’argent en soi-méme n’a pas de valeur. C’est une invention.

C’est une invention qui matérialise un échange de valeur. Et il nous est parfois nécessaire pour répondre à certains besoins. C’est plutôt utile, et c’est pratique d’en avoir beaucoup, mais c’est rarement le coeur du sujet…

 

Et si nous enlevions l’argent de l’équation? 

Si je vous disais que l’argent est une simple conséquence de nos actes, une énergie qui nous permet d’accomplir ce que l’on veut accomplir, et que si nous faisons ce qu’il faut, il viendra.

Que vous n’avons pas besoin de souffrir pour qu’il vienne. 

Si je vous enlevais le stress des finances (là, je l’enlève !), qu’aimeriez-vous vraiment faire? Maintenant que vous savez que la sécurité est illusoire, et que vous savez que l’argent viendra de toutes façons, qu’êtes-vous capable de faire?

***

Ma vision du travail a beaucoup changé depuis que je me suis cassée.

J’écris ici et j’offre mes services pour deux raisons:

  • Je ressens la responsabilité de contribuer, à mon échelle, à l’amélioration du monde qui m’entoure. Si une seule personne lit cet article, et se pose la question de pourquoi elle travaille, j’aurais déjà fait beaucoup.

Ainsi, je ne travaille pas, je contribue à quelque chose que je considère comme étant plus grand que moi-même.

  • J’ai trouvé une façon de contribuer qui me rend épanouie et heureuse. Tellement que travailler n’est pas une contrainte. J’aime beaucoup ce que je fais, tous les jours.

L’argent que je reçois en échange de mes services est une façon de matérialiser la valeur que je produis. Je mets de la valeur dans le monde, et l’argent vient en retour pour me permettre de continuer de le faire.

Les factures que je paie avec cet argent ne sont pas des ‘contraintes’ – je renvoie seulement de la valeur pour les services que j’ai reçus. Ainsi, l’argent n’est qu’un moyen comme un autre de répondre à mes besoins.

Je n’ai personnellement pas besoin de la « sécurité » qu’un travail salarié pourrait me donner.

J’ai juste confiance dans le fait que tant que je donnerai de la valeur, j’en recevrai en retour.

 

Met-on notre énergie au bon endroit?

Nous travaillons pour une sécurité financière quelque peu illusoire. Mais quand on met de la valeur dans ce monde, on est récompensé, souvent monétairement, et parfois même très confortablement !

Alors plutôt que mettre notre énergie à garder cette sécurité qui risque de nous filer entre les doigts, de toutes façons, et dont, au fond, nous n’avons peut-être même pas besoin, où la mettre ?

Eh bien, les domaines qui ont besoin de vous ne manquent pas:

 

Le beau :

Faire des choses belles est d’une importance capitale. L’art, l’écriture, la sculpture, l’architecture, la poésie, la musique. L’environnement que nous créons et dans lequel nous évoluons a un impact sur nous. On a besoin d’inspiration, qui nous touche au delà du rationnel.

Pierre Rabhi l’a rappelé dans sa conférence, et j’en parle dans mon programme. La beauté est souvent inappréciée. On la voit comme superflue. Mais la quête de la beauté est ce qui fait de nous des êtres humains.

Si vous pouvez apporter à notre monde un peu de beauté, alors on a besoin de vous.

 

L’environnement :  

Je ne sais même pas par où commencer. On oublie parfois que nous sommes plus qu’un cerveau bon à travailler sur un ordinateur dans un bureau. Nous avons un corps, qui vit, qui respire, qui bouge. Nous ne sommes pas séparés de la nature, nous sommes la nature. Nous sommes des animaux, qui ont pour instinct de procréer et de protéger notre espèce.

Mais le manque de respect que nous avons pour la Terre qui nous accueille et nous nourrit est tellement dingue qu’on s’y est habitué.

 

L’éducation :

L’éducation des plus jeunes et des plus grands. Le monde change. Je le vois autour de moi. Dans les conversations, de moins en moins de personnes me prennent pour une marginale. C’est parce que même si les médias et les politiques continuent à nous brosser les mêmes discours qu’il y a 20 ans, à notre petite échelle, nous sommes conscients que les choses changent.

Et nous le communiquons autour de nous. C’est important. Le partage d’information est important. Il nous permet de réaliser l’étendue de nos possibilités.

 

La santé :

Vous allez vraiment me prendre pour une extrém*ste (je ne l’écris pas en entier, au cas où la NSA scannerait mon site), mais combien de pesticides avez-vous mis dans votre corps aujourd’hui? Et celui de vos enfants?

Moi je sais que j’en ai déjà mis beaucoup. Je viens de manger deux madeleines et de boire un chocolat dans un café qui n’est probablement pas bio.

Il y a beaucoup à faire pour sensibiliser sur notre alimentation, sur notre mode de vie, et la meilleure façon de prendre soin de nous et de ceux qui nous sont proches.

 

La paix :

Je le disais il y a quelques articles de cela: le monde part en c****** les gars !

Avec la quantité de gens intelligents et pacifistes et tous les moyens à notre disposition, c’est fou que nous ne puissions pas faire plus pour arrêter toutes ces guerres stupides. ‘Je veux la paix dans le monde’ est devenue une phrase tellement banale qu’on rigole au nez de ceux qui la prononcent.

La guerre est presque quelque chose de banal dans notre civilisation. Elle nous choque à peine. On passe les news qui en parlent. Il y en a tellement de part le monde qu’on ne fait plus la différence entre elles.

[Rajouté après réflexion: La guerre, ce n’est pas que celle que l’on voit à la télé. La guerre existe entre les individus. La haine existe dans notre quotidien. Un monde de paix est un monde dans lequel des choses personnelles telles que la couleur de peau, la religion, la préférence sexuelle ne sont plus causes de persécutions et d’attaques.]

[Note : Édit post 13 novembre 2015 – je pense qu’on s’en rend aujourd’hui bien mieux compte. Voir cet article]

Et bien sûr, ce ne sont que quelques exemples bien minimes. Je vais vous dire tout à l’heure quel est votre travail le plus important, mais avant…

 

Pourquoi nous avons la possibilité de le faire

Je tiens ce discours parce que je sais que si vous me lisez, vous avez comme moi la chance de vivre dans un pays privilégié. Que même si vous avez parfois des mois difficiles, vous savez que vous ne mourrez pas de faim, ne serait-ce que parce que votre pays a un minimum de sécurité sociale.

Je vis en France, et on y est vraiment bien.

C’est pourquoi nous sommes en mesure de faire beaucoup plus que nous enfermer dans un bureau et déprimer. Alors non seulement le monde a besoin de nous, mais en plus nous pouvons nous permettre de l’aider. C’est pas trop cool ça?

 

Votre travail le plus important

Votre travail le plus important est de trouver ce qui pour vous, ne représente même pas du travail. La chose que vous faites avec plaisir, naturellement, et qui ne vous pèse pas. Celle qui vous stimule, qui vous rend vivant-e.

Cela représente votre talent, votre excellence, et si vous donnez ça au monde, kaboum! c’est le gros lot pour tous.

Don’t ask what the world needs. Ask what makes you come alive, and go do it. Because what the world needs is people who have come alive. – Howard Thurman

« Ne te demande pas ce dont le monde a besoin. Demande toi ce qui te rend vivant, et va faire ça. Parce que ce dont le monde a besoin est de personnes qui sont pleines de vie » – Howard Thurman

 

Bref, c’est une Lyvia qui a la pêche qui vous écrit.

On a besoin de vous.

J’ai besoin de vous si j’espère faire grandir mes enfants dans un monde à peu près équilibré.

Je vais même plus loin (Allez, tant qu’à faire !):

Je vous interdis de passer les 40 prochaines années enfermé-e dans un bureau à vous faire ch*** alors que dehors, on n’attend que vous! Nan mais oh.

Important : si vous êtes à la recherche de comment contribuer, jetez un oeil à mon programme, ‘Des idées à tout casser’. Il a le potentiel de changer votre vie, je le sais. Plus d’infos ici.

 

A vous:

Pourquoi travaillez-vous ? Dans quelle mesure souhaiteriez-vous contribuer au monde qui nous entoure, tout en étant épanoui-e et heureux-se? Dites-le nous dans les commentaires.

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Allez, je vous laisse avec mes deux copines, Beyoncé (non je ne suis pas obsédée par Beyoncé!) et Alicia Keys (qui est, en fait, ma chanteuse préférée que j’aime), qui vont vous expliquer un peu pourquoi vous êtes là, hein:

 

 

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