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Une vie sans lundi #91 – S’aimer d’abord

S'aimer d'abord | Je me casse

Ces derniers jours, j’ai beaucoup réfléchi à ce qu’avoir une vie épanouie, exceptionnelle, voulait dire pour moi. Ce que j’étais prête à accepter, et ce que je n’avais plus envie d’avoir dans ma vie, du tout, jamais.

Dans cet article, je racontais comment mon chemin était un chemin vers l’amour de soi. En sortant d’une situation qui ne nous convient plus, qui nous fait souffrir, et qui surtout, nous empêche de voir à quel point nous sommes uniques et exceptionnels, on se choisit soi.

Mais se choisir soi n’est pas très à la mode par chez nous. Se faire passer en premier, c’est forcément égoïste. C’est forcément avoir un coeur de pierre, car « on ne pense pas aux autres ». Car « on ne pense qu’à soi, soi, soi ». Cela peut être écoeurant, même.

Et j’ai grandi en me disant que « moi, c’est pas grave« , « moi, je suis forte, je peux tout encaisser ». Je me rends compte aujourd’hui à quel point cette phrase est violente. « Moi, c’est pas grave ».

J’ai passé beaucoup de temps à faire semblant, pour pouvoir être une bonne petite fille, puis une bonne petite élève, puis une bonne petite employée qui allait tout bien faire comme il faut pour ‘monter, monter, monter’ et allait décider de ses actes en fonction de ce que l’on attendait d’elle. Comme ça, tout le monde serait content. Sauf moi, mais… « moi, c’est pas grave ».

Travestissement.

Voilà ce que c’était. Choisir de ne pas être soi pour mieux plaire aux autres, c’est du travestissement. C’est du mensonge. Et ça n’aide personne.

Depuis que je me suis cassée, j’ai découvert l’amour de soi, le self-love, ou même, le RADICAL self-love. Celui par lequel on se choisit soi, toujours.

« Mais ils sont fous ! Mais ça n’a pas de sens ! »

Et surtout : comment puis-je servir les autres si je me fais passer en premier ? Comment puis-je aimer, si je me fais passer en premier ? Comment même puis-je avoir une relation amoureuse épanouie si je me fais passer en premier ?

Mais on devrait plutôt se demander : comment puis-je servir les autres si je ne me fais pas passer en premier ? Comment puis-je aimer, si je ne me fais pas passer en premier ? Comment puis-je avoir une relation amoureuse épanouie, si je ne me fais pas passer en premier?

« I can’t show up for the group, if I’m not myself ».

Ne pas me faire passer en premier a eu un impact ces dernières années, non seulement sur ma vie professionnelle, mais sur ma vie personnelle.

Au début de notre relation, avec mon chéri, je n’arrivais pas à dire ce que je voulais – même pour choisir un film au cinéma ! Je me disais : « et s’il n’aime pas ? ». Alors quand il me demandait quel film je voulais voir, je répondais « comme tu veux, tout me va ».

Nous avons pris des décisions basées sur ce que je croyais qu’il voudrait entendre. Alors qu’il me demandait honnêtement : « que veux-tu? ». Et tôt ou tard cela me rattrapait, parce que ce que je voulais vraiment était enfoui, et nous explosait sans prévenir à la figure. « Tu n’as pas été honnête avec moi », il disait. Et je répondais « Mais je voulais te faire plaisir ». Auquel cas il répondait : « Et moi, comment je te fais plaisir, si je ne sais pas? ».

Plutôt que d’apprendre à être honnête avec les autres, je me tordais le cerveau à me demander « qu’aurais-je du faire, qu’aurais-je du faire ? ». Je voulais juste qu’on m’aime encore plus, vous voyez?

Et la réponse est simple : dire la vérité, et penser à moi d’abord, afin que les personnes autour de moi aient les bonnes informations, les vraies informations, pour penser à moi ensuite.

 

Que se passe-t-il si je ne me fais pas passer en premier?

En ne me faisant pas passer en premier, voici à quoi je m’expose :

Ressentiment – Comme je te fais passer en premier, j’attends que tu fasses de même.J’attends que tu me dises merci, et que tu reconnaisses mes sacrifices. J’attends que tu t’inquiètes de mes besoins, et que tu y répondes à ma place.Parfois je ne te les dis pas, en espérant que tu lises dans mes pensées. Et je te/me dis des choses comme : « pour tout ce que j’ai fait pour toi, pour tous les sacrifices ». Et je t’en veux. Je te rends responsable de mon malheur. (Toi : mon boulot, mon partenaire de vie, mon enfant…)

« Mauvaises » Décisions – Parce que je te dis ce que tu veux entendre, nous prenons une décision « ensemble », qui va dans ton sens mais qui ne me convient pas vraiment. Ainsi, je suis dans tes bonnes grâces, tu es content-e de moi. Mais je ne suis pas aligné-e, et tôt ou tard, on se rend compte que cette décision n’est pas viable sur le long terme.

Bonheur à court terme – A court terme, je me délecte du fait que l’on est heureux de moi, de ce que j’ai fait, de ce que j’ai dit. Ou en tout cas, on n’est pas en colère contre moi, ou déçu par moi. Je me sens fièr-e de ça… jusqu’à ce que cela me rattrape et que je ne puisse plus faire semblant.

Perte de confiance en soi – Parce que je fais passer les autres d’abord, à répétition, mon esprit s’habitue au fait que je ne suis pas important-e et que ma voix ne compte pas. Cela devient ma réalité, et les autres ont davantage le « droit » d’exister que moi.

Perte d’efficacité – Parce que je fais des choses que je n’ai pas envie de faire, que je dis des choses que je ne pense pas, et que je ne prends pas la responsabilité de mon état physique, et moral, je ne peux pas servir les autres avec efficacité. Je ralentis, je pers du temps. Je suis une version diminuée de moi-même.

Je ne donne pas le meilleur de moi-même – Pire. Je dessers le monde, car il a besoin de moi et je ne lui offre pas le meilleur de ce que je peux lui offrir.

Épuisement – Je suis épuisé-e de faire semblant, de deviner la bonne réponse à la question. Je suis fatiguée de donner trop physiquement, de choisir de ne pas me reposer pour que les autres puissent traverser leur journée avec sérénité. J’en ai un peu ras-le-bol que rien n’aille dans mon sens alors que je fais tout ‘bien comme il faut’. Je me contorsionne et je fais le yoyo, en écoutant non pas la petite voix qui devrait me guider, mais le brouhaha du monde autour qui me tire dans tous les sens.

Comment ma vie change si je me fais passer en premier ?

En cadeau : un visuel à encadrer et coller au dessus de ton bureau, de ta porte d’entrée, de tes toilettes – pour te rappeler chaque jour l’importance de t’aimer d’abord + Une liste de 10 idées pour te faire passer d’abord au quotidien – Clique ici pour télécharger

M’aimer d’abord, cela veut dire prendre la responsabilité, de mes besoins, de mes envies, de mes rêves, de façon à pouvoir être forte pour les autres. Parce que personne ne prendra cette responsabilité à ma place – et personne ne devrait, d’ailleurs.

Et si moi je suis solide, je peux être là pour soutenir ceux qui ont besoin de moi. Et si eux commencent par choisir de prendre soin d’eux, je saurai quoi leur apporter pour qu’ils grandissent encore mieux.

S’aimer d’abord. Je ne croyais pas que c’était une solution, mais je me rends compte aujourd’hui que cette toute petite expression peut changer une vie. Peut changer ma vie. C’est un chemin, et je pense n’y être qu’au début. Mais quand j’intègre ce nouveau principe à mon quotidien, en voici le résultat :  

          • Je me casse d’un boulot qui me donne l’impression de ne pas consacrer mon temps à ce qui est important pour moi. Deux fois.
          • Je ne me dis plus : « oh, regarde comme tu as des bourrelets ». Mais je choisis simplement de prendre soin de mon corps et de mieux manger. J’ai de la gratitude pour le fait qu’il fonctionne et qu’il me permette d’évoluer dans la vie.
          • Je ne me dis plus : « je vais voir ce qu’il/elle dit, et je répondrai en fonction ». Non. Je décide d’abord ce que je pense, ce que je veux. Ainsi je peux être honnête avec les autres, et obtenir ce que je souhaite vraiment. Cela me place aussi dans une bonne position pour choisir de faire un compromis et leur donner ce dont ils ont besoin aussi.
          • Je demande, plutôt que d’espérer comme par magie que ce que je veux se produira. Espérer que les autres lisent dans nos pensées, et qu’ils nous donneront avec plaisir ce que l’on ne demande… pas, c’est ouvrir la porte au ressentiment, à la colère et à la frustration. Je demande, ainsi je permets à l’autre de me répondre avec honnêteté : oui, ou non.
          • Je ne me dis plus : « tu n’es pas assez bien ». Parce que si je me dis ça, j’autorise d’autres personnes à se dire la même chose, parce que je crée une échelle, je crée un « benchmark » où les personnes se comparent les unes aux autres. Je suis assez et j’ai assez, parce que je suis moi. Il n’y a rien à ajouter, rien à enlever.
          • Je suis moins modeste. J’apprends à affirmer mes forces et mes talents. Si tu me dis : « Lyvia tu écris bien ». Je te répondrai : « oui, merci ». L’écriture est l’un de mes talents, c’est facile pour moi, et je reconnais que ce n’est pas toujours facile pour les autres. Cela me permet de reconnaitre ton talent avec honnêteté et de dire : « je n’ai pas de talent pour ça, et je te remercie de m’offrir le tien. »
          • Je considère que dire non, quand je n’ai pas envie, quand je ne suis pas en forme ou quand je suis malade est une forme de respect. Avant, je me trainais au boulot vaille que vaille, que je me sente crevée, déprimée, ou même souffrante. Aujourd’hui, je n’hésite pas à annuler un rendez-vous parce que c’est important que je puisse donner à la personne en face toute mon attention et toute la valeur qu’elle mérite.
          • En me faisant passer d’abord, je peux demander de l’aide. J’autorise les autres à m’aider, et ils s’autorisent à demander de l’aide à leur tour. On en ressort plus fort.

 

Je dois constamment me rappeler cette liste au quotidien, mais c’est assez facile. Je me dis : moi, d’abord. M’aimer d’abord me permet :

  • D’être plus présente, plus alerte, plus solide pour prendre soin de mes proches, de mes amis, de ma communauté ;
  • De demander de l’aide pour continuer à fonctionner au meilleur de mon potentiel ;
  • Vivre la vie que je veux, sans ‘sacrifices’, car je permets aux autres de me donner ce dont j’ai besoin, et de contribuer à mon développement.

 

M’aimer d’abord, c’est comme remplir un puits qui, quand il déborde me permet d’aimer encore plus les autres. Mes comparses – ressentiment, culpabilité, manque de confiance en moi – pourraient venir écoper chaque jour un peu de cette eau dorée. Mais je les en empêche. Car je veux que mon puits déborde d’amour pour moi et pour les autres.

Prendre soin de moi, c’est choisir de prendre soin des autres avec les meilleures armes possibles.

 

 Et toi, où en es-tu?

Aujourd’hui, te fais-tu passer en premier ? Si oui, comment en pratique te fais-tu passer d’abord ? Quels en sont les résultats ? Si non, pourquoi ? De quoi as-tu peur ? J’aimerais beaucoup commencer une conversation sur le sujet, car je crois que c’est sûrement mon message le plus important : s’aimer, d’abord.  

Envie de te rappeler l’importance de t’aimer d’abord? Clique ici pour télécharger cette affiche à poser chez toi, et une liste de 10 idées pour te faire passer en premier, au quotidien

 

Une vidéo qui m’a bien inspirée (parce que ça marche même (surtout) quand on a des enfants et une famille dont on doit prendre soin) :

Mon sourire du jour : 

Une des participantes actuelles de mon programme, Des idées à tout casser, a décidé d’écrire une série d’articles sur son expérience du programme. C’est vraiment enrichissant pour moi d’avoir un retour si détaillé de l’expérience d’une de mes participantes. J’en ai eu, des frissons en la lisant : Retrouvez les premiers articles ici :

Des idées à tout casser – début du programme

Des idées à tout casser – fin de la première partie

F

9 commentaires

  1. Morgane sur 12 octobre 2015 à 4:15

    Lyvia, tu écris bien ^^ (et plus encore !) biz



  2. Marie sur 12 octobre 2015 à 4:25

    Super article ! Cela me rappelle le livre « Les mots sont des fenêtres (ou ce sont des murs) » de Rosenberg, mais ici plus centré sur l’estime de soi en général, pas seulement à travers les mots.



  3. Marie-Anne sur 12 octobre 2015 à 5:44

    Bravo! quel article!
    Il va résonner profondément che bcp de personnes!

    Dans mon cas, je croyais me faire passer en premier car je m’octroyais du temps pour moi (bcp de temps), je me faisais de nombreux plaisirs, je me gâtais, etc…
    Et puis j’ai pris conscience que tout ça c’était de la poudre aux yeux pour cacher le fait que je faisais souvent passer les autres avant moi: j’aidais les collègues en espérant secrètement qu’elles m’aident en retour; j’acceptais toutes les missions pour montrer mon implication sans faille, etc…
    Début 2015, j’ai pris conscience que rien ne changerait dans ma vie si je ne faisais pas en sorte de changer moi même.
    J’ai fait un gros travail sur moi: j’ai dépisté mes croyances limitantes, mes peurs profondes, j’ai travaillé sur mon rapport à l’argent, à la richesse à la réussite…
    Le travail est loin d’être fini mais j’ai vraiment pris conscience que je ne pouvais plus continuer dans mon job où rien, mais absolument rien n’est en accord avec moi.
    J’ai enfin eu le courage de réaliser ce que je me dis depuis au moins 3 ans: je ne passe pas un Noël de plus dans cette boite.
    Il aurait été plus sage que mon travail sur moi soit encore plus avancé pour partir, mais j’ai soudain eu envie de poser un acte: pour la première fois, ne pas faire ce qu »on » attendait de moi. Décider ce que je veux, et non pas ce qui est sage. Je veux crée MA vie, construire MON château en Espagne.
    Comme tu dis, Lyvia, je suis surexcitée de l’avoir dit…et en même temps personne ne comprend. A part une ou deux amies, personne ne comprend qu’on quitte un cdi comme ça. C’est pas grave, je ME comprends! 😉



  4. cindy sur 12 octobre 2015 à 9:05

    C’est dingue mais cette vidéo je l ai envoyé à une personne qui test un de mes services actuellement sur ce même sujet.

    Synchronicite qu on dit

    Je pense que tu as raison et c est ce que j ai essayé de dire mais mes mots sont moins poignants.

    M aimer d abord je l ai compris en ayant mon fils. Ma grossesse à été une belle aventure avec des hauts et des bas mais je n ai pensé qu à moi pour protéger ce petit bout en moi.

    c était une question de survie. Et bizarrement (synchro) aujourd’hui je me disais que j aimerai retrouver cet état.

    J ai fait bien plus enceinte que pas enceinte. Je me manque c est atroce lol.

    Wahou de me dire ça j en ai les larmes aux yeux mais oui je me manque.



  5. Florence sur 12 octobre 2015 à 9:07

    Très bel article… moi aussi pendant des années j’ai dit et pensé ce qu’on attendait de moi. Maintenant j’essaie de faire autrement mais ce n’est pas facile car les automatismes reviennent vite… ce sont des petites victoires au quotidien…

    Merci pour tes jolis mots
    Bises



  6. Admin-Assistance sur 12 octobre 2015 à 9:58

    Merci bcp Lyvia pour cet article qui résonne fortement en moi.
    J’ai moi aussi décidé depuis qqs temps de prendre soin de moi^_^



  7. Margot sur 13 octobre 2015 à 11:30

    J’ai réussi à m’écouter et à me faire passer en premier … en n’allant pas un samedi sur paris pour assister à 3 rdv importants et auxquels je tenais (dont le tiens) car j’étais un peu malade, fatiguée et que j’avais envie de passer du temps avec mon mari.

    Ca fait un peu bizarre, j’ai toujours peur de décevoir mais je savais qu’au moins 1 de mes 3 contacts ce jour allait comprendre 🙂

    Je vous recommande le film EN QUETE DE SENS qui passe en ce moment aux cinémas si vous en faites la demande.
    Il sera bientôt visionnable gratuitement et par tous mais la rencontre avec le réalisateur à l’issue du film est toujours inspirante.
    Dans ce film, Satish Kumar enjoint les étudiants de fin d’école de commerce ou de Master à ne pas « trouver un travail » mais bien à « se créer un métier qui leur permettra de vivre autrement et en cohérence avec leurs valeurs ».
    Les cours de philo en terminale devraient aborder ce sujet!

    En attendant, suivre le programme/aller aux ateliers/ou juste lire le blog JE ME CASSE sont des moyens pour développer notre créativité et trouver son métier.
    Et savoir se concentrer sur les choses qui nous paraissent les plus importantes est une discipline nouvelle que je vais essayer de cultiver.



  8. La vie qui me ressemble sur 16 octobre 2015 à 10:26

    C’est tellement vrai tout ça, et appliqué à la vie de couple, cela prend tout son sens ! D’ailleurs, je parle, je parle…mais je suis célibataire, peut-être devrais-je commencer par me faire passer en premier pour trouver ma moitié ? 😉



  9. Marine sur 29 mars 2016 à 1:37

    J’ai pris conscience de cette notion « d’égoïsme altruisme » il y a quelques semaines. Je me plie en quatre pour tout le monde notamment dans ma vie de couple et ça depuis le lycée (presque 10 ans ). Résultat, je ne suis plus la bâtante que j’étais avant mes 16 ans, je n’ose pas dire non de peur que la personne en fasse de moi ne m’apprécie plus (et bien pire avec mon cheri qui pourtant m’encourage toujours à avoir plus de mordant dans la vie) et j’ai de plus en plus de mal à me projeter. Je fais confiance à n’importe qui, je n’arrive pas à prendre des décisions et je laisse souvent les autres choisir. Autant dire que ton article a raisonné en moi. J’ai décidé récemment de changer ou plutôt de faire la paix avec mon authentique moi. J’avoue que ça m’apaise et me fait peur à la foi ^^ merci Lyvia pour ton magnifique blog. Je l’ai découvert la semaine dernière et c’est une pépite .



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